Le Leadership féminin était au cœur d’un webinaire sur la recherche et le développement en santé, une rencontre organisée par une coalition d’organisations intervenant sur la thématique.
Tenue le 12 mars 2026, ce webinaire visait à aligner les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine (UA) avec la réalité des chercheuses sur le terrain.
Il a été initié par Speak Up Africa, Gawani Africa, Africa Center for Health Systems and Gender Justice et Youterus.
Il s’agissait de sensibiliser et d’inciter les responsables politiques de l’Union africaine, les décideurs nationaux et les bailleurs de fonds à renforcer le leadership et la participation des femmes dans la recherche et le développement (R&D) en matière de santé en Afrique.
L’accent a été mis sur la promotion d’un investissement accru dans la recherche menée par des femmes, une meilleure représentation des femmes dans les postes de direction et de prise de décision. Il s’agissait également d’appeler à une participation équitable des femmes à la recherche clinique et es systèmes plus solides de mentorat et de soutien institutionnel.
Sortir de l’inégalité structurelle
Si les cadres de l’UA, tels que la Stratégie africaine pour la santé, reconnaissent l’importance du capital humain, la traduction de ces engagements en politiques de R&D sensibles au genre reste inégale. Les femmes scientifiques africaines, bien que moteurs de solutions face au changement climatique et aux crises sanitaires, demeurent sous-représentées dans la gouvernance scientifique et l’accès aux financements.
« Cette journée constitue un levier stratégique pour promouvoir l’égalité de genre », a rappelé Fara Ndiaye, directrice générale adjointe de Speak Up Africa.
Pour le Dr Ibrahima Soce Fall (Directeur général de l’Institut Pasteur de Dakar), le défi dépasse la simple formation : il s’agit de structurer des parcours permettant d’accéder aux postes de décision.
Deux outils majeurs pour le changement
L’un des points forts de la rencontre a été la présentation de deux instruments clés pour catalyser l’action : la Note d’Orientation (Policy Brief), élaborée par les championnes de l’initiative Les Voix Africaines de la Science (AVoS), un document qui identifie les obstacles systémiques et propose des recommandations précises aux États membres. Le Tableau de bord régional, développé conjointement par les organisateurs. Ce « scorecard » permet d’évaluer, sur la base de données factuelles, les avancées en matière d’investissement et de réglementation inclusive.
Un panel pour quatre piliers de réforme
Le débat, modéré par Dr Fatou Wurie, a mobilisé des figures d’autorité telles que le Dr Delese Mimi Darko (Agence médicale africaine) et la Pr Coumba Toure Kane (UCAD). Les échanges ont insisté sur quatre axes : politiques publiques, investissement, innovation et réglementation.
Les panélistes ont souligné que le renforcement du leadership féminin n’est pas seulement une question d’équité, mais une nécessité stratégique pour la résilience des systèmes de santé.
Les intervenants ont appelé les bailleurs et les gouvernements à adopter des politiques de financement plus audacieuses pour soutenir une recherche menée par et pour les femmes africaines. FIN
Ambroisine MEMEDE