Les 25 et 26 mars 2026, le Palais de Lomé s’est transformé en scène de mémoire et de réflexion, accueillant une création artistique inédite mêlant kora, danse et théâtre. À travers des récits issus des peuples Konkomba, Agomé et Agotimé, ce spectacle interroge avec force la restitution des œuvres d’art emportées durant la période coloniale.
Dans une mise en scène à la fois sensible et engagée, la création plonge le public au cœur d’une histoire longtemps fragmentée. Portée par des sonorités de kora et des chorégraphies expressives, elle donne vie à des témoignages collectés auprès de communautés togolaises, ravivant ainsi des mémoires enfouies.
Deux écritures distinctes ont marqué ces représentations. Une première version, pensée pour les scolaires, a su adapter le propos à un jeune public, en privilégiant pédagogie et accessibilité. La seconde, plus dense et incarnée, s’adresse aux adultes avec une intensité accrue, invitant à une réflexion profonde sur les enjeux historiques, culturels et identitaires liés à la restitution.
A travers contes et récits, les artistes ont retracé le parcours des œuvres arrachées à leur terre d’origine et placé hors du continent et dont la restitution demeure une revendication.
« C’est un débat qui nous touche tous et c’est important d’engager aussi les communautés locales ainsi que les enfants. Le sujet est désormais abordé dans beaucoup de pays et je n’ai pas de doute que l’Afrique pourra récupérer certains des objets. Au Togo, nous pourrons nous réinventer et façonner notre culture, parce qu’il s’agit au fond de voir quelle culture nous voulons créer », a indiqué Sonia Lawson, directrice du Palais de Lomé.
La mise en scène a permis à travers l’art et la parole de rendre accessible les faits en incarnant ces objets et œuvres tout en rappelant leur importance dans l’identité culturelle africaine.
« J’ai compris qu’en tant que jeune africain, j’ai aussi ma part au combat pour la restitution des objets et œuvres d’art », a confié une jeune élève.
Rappelons que le Palais de Lomé – premier centre d’arts et de culture du Togo – a été inauguré en novembre 2019, après d’intenses travaux de rénovation.
Le bâtiment a servi d’abord de résidence aux gouverneurs allemands, puis français, avant de devenir le premier Palais de la Présidence togolaise ensuite le Palais des hôtes de marque dans les années (1976 à 1991), puis le siège de la Primature (en septembre 1991), avant d’être totalement abandonné pendant 20 ans. FIN
Chrystelle MENSAH




