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Dégradation du portefeuille des institutions de microfinance au Togo: L’urgence de trouver des solutions et d’améliorer les dispositifs existants

Le secteur de la microfinance au Togo enregistre une dégradation préoccupante de la qualité de son portefeuille de crédits.

En 2025, le secteur affiche pourtant une vitalité notable, avec près de 4,7 millions de membres et un encours de crédits estimé à 352 milliards de francs CFA. Toutefois, cette dynamique est assombrie par une forte progression des crédits en souffrance, en hausse de 49,2 % sur trois ans.

Le taux brut de dégradation du portefeuille atteint ainsi 6,7 %, un niveau largement supérieur à la norme communautaire fixée à 3,0 %, selon des chiffres officiels.

Cette évolution traduit une hausse significative des impayés et suscite des inquiétudes quant à la solidité financière des institutions de microfinance et à leur capacité à soutenir durablement les populations à faibles revenus.

Elle pourrait également avoir des répercussions sur l’économie nationale, notamment à travers une réduction de l’accès au crédit pour les populations vulnérables, une hausse des taux d’intérêt, une perte de confiance des déposants et des investisseurs, ainsi qu’un risque de déstabilisation du système financier.

Face à cette situation, le ministre de l’Économie et des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, a réuni, vendredi à Lomé, les acteurs du secteur afin d’identifier les causes profondes de cette dégradation et d’explorer des solutions pour améliorer les dispositifs de recouvrement des créances.

« L’objectif de cet atelier est de poser un diagnostic clair et précis afin d’identifier les causes profondes de la dégradation de la qualité du portefeuille et de l’inefficacité des dispositifs actuels de recouvrement des créances », a-t-il indiqué à l’ouverture des travaux.

Les participants ont ainsi analysé les facteurs expliquant la hausse des crédits en souffrance, évalué l’efficacité des mécanismes existants et formulé des propositions pour améliorer les pratiques.

Parmi les défis relevés figure également la prolifération de structures clandestines opérant en dehors du cadre réglementaire.

« Le non-remboursement des crédits érode les fonds propres, fragilise la viabilité des institutions et compromet leur capacité à financer de nouveaux bénéficiaires. Cette situation affecte la confiance des déposants et des partenaires financiers et met en péril l’ensemble du système de la microfinance », a souligné le ministre.

« Le crédit est un contrat de confiance. Si son remboursement devient une exception, c’est tout l’édifice de la finance inclusive qui risque de s’écrouler. À ces défis s’ajoute la prolifération de structures clandestines, qui opèrent en marge de la réglementation et exposent les ménages et les entrepreneurs à des risques importants », a-t-il ajouté.

« Face à ce fléau, le gouvernement procède à la fermeture systématique de ces structures illégales et engage des poursuites judiciaires contre leurs promoteurs. Cette fermeté sera maintenue et renforcée », a-t-il insisté.

De son côté, le président de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (APSFD), Kokou Gabiam, a salué l’initiative de cette rencontre et exprimé son adhésion à la proposition de mise en place d’un centre d’écoute.

Il a également remercié les autorités de tutelle et de supervision pour leur accompagnement, tout en réaffirmant la disponibilité des acteurs du secteur à s’approprier la nouvelle loi.FIN

Edem Etonam EKUE

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