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Crise Ebola en RDC et Ouganda : L’OMS débloque en urgence 3,4 millions de dollars

Face à l’urgence sanitaire qui frappe l’Afrique centrale, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé ce mercredi, lors d’une conférence de presse, le déblocage immédiat d’une enveloppe complémentaire de 3,4 millions de dollars américains.

Ce financement, issu du Fonds de réserve pour les situations d’urgence, porte l’engagement financier initial de l’organisation à 3,9 millions de dollars.

« Il vise à amorcer une riposte sanitaire d’envergure en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, où des équipes d’experts de l’OMS ont déjà été déployées en appui aux structures nationales », a expliqué Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus face à la presse.

Une urgence de portée internationale

Cette annonce fait suite à la déclaration, dimanche matin par l’OMS, d’une urgence de santé publique de portée internationale.

« Cette décision a été prise conformément à l’article 12 du Règlement sanitaire international, après consultation des ministres de la Santé de la RDC et de l’Ouganda, et compte tenu de l’urgence de la situation », a souligné le Directeur général de l’OMS.

Le bilan épidémiologique dressé par l’organisation, ce 20 mai, fait état de 51 cas officiellement confirmés en RDC, dans les provinces septentrionales d’Ituri et du Nord-Kivu, affectant particulièrement les villes de Bunia et de Goma. L’OMS redoute toutefois que l’ampleur réelle de l’épidémie soit bien plus importante.

En Ouganda, deux cas ont été confirmés dans la capitale, Kampala, entraînant un décès. Il s’agit de deux personnes ayant voyagé depuis la RDC.

Au plan international, un ressortissant américain travaillant en RDC a également été testé positif et rapatrié en Allemagne.

Les 5 facteurs de risque majeurs

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a identifié cinq paramètres critiques qui motivent l’inquiétude majeure de la communauté internationale : une sous-détection initiale des cas, une expansion de l’épidémie en milieu urbain, une transmission nosocomiale (en milieu hospitalier), une instabilité sécuritaire dans les zones touchées, et des flux migratoires importants, combinés à l’absence d’outils médicaux spécifiques.

« En l’absence d’armes thérapeutiques ou vaccinales, la gestion repose strictement sur les piliers classiques de la santé publique : isolement, recherche des contacts, hygiène stricte et engagement communautaire », a indiqué le patron de l’OMS.

« Face à tous ces risques, j’ai décidé qu’il était urgent d’agir immédiatement pour prévenir de nouveaux décès et mobiliser une réponse internationale efficace », a-t-il ajouté.

Mesures de contingence radicales

L’OMS a chaleureusement salué le leadership du gouvernement congolais ainsi que le courage politique de l’Ouganda.

Le président ougandais, Yoweri Museveni a en effet, pris la décision radicale de reporter les commémorations de la Journée des martyrs. Cet événement religieux de masse est habituellement susceptible de rassembler jusqu’à deux millions de pèlerins, représentant un risque majeur de propagation.

Face à la menace d’une crise humanitaire régionale de grande envergure, l’OMS exhorte désormais l’ensemble de la communauté internationale à une mobilisation immédiate pour endiguer la transmission du virus. FIN

Ambroisine MEMEDE

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