
Pr Francis Balaka (Coordonnateur du Programme national des addictions aux produits psychoactifs, PNAPP) a encourage les médias à continuer d’informer et renforcer la sensibilisation des populations, afin de soutenir la lutte contre les addictions à ces substances nuisibles à la santé.
« Les produits psychoactifs sont toutes substances qui changent le fonctionnement du cerveau d’une personne. Une fois consommées, elles modifient l’humeur de la personne, ses réflexes, sa façon de penser. On parle d’addiction lorsque la dépendance s’installe », a expliqué Pr Balaka
Le Coordinateur du PNAPP a souligné que « les enfants ne doivent pas s’approcher de ces substances », qui nuisent gravement à la santé..
« Les substances les plus utilisées au Togo sont l’alcool (38,83%), le Cannabis (23,59%) la Cocaïne (2,3%). On parle d’addiction lorsque la dépendance s’installe. Les conséquences sont énormes et à divers niveaux. D’où l’importance de la sensibilisation », a-t-il précisé.
Pour Pr Balaka, il urge de prévenir et sensibiliser les parents à être les premiers surveillants de leurs enfants parce que la rue et les fausses compagnies entraînent les jeunes dans ces dérives.
Pr Francis Balaka était le mercredi 3 juin 2026, face aux membres du réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (Remapsen-Togo).
L’objectif de cette rencontre était d’échanger sur l’état des lieux de la consommation des produits psychoactifs au Togo, afin de disposer des bonnes informations pour sensibiliser la population sur les dangers liés à la consommation de ces produits.
Cette sortie s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme d’information et de sensibilisation aux drogues et autres produits psychoactifs, à travers son initiative phare intitulée « Les Rendez-vous du REMAPSEN ». La délégation a été conduite par la coordonnatrice nationale, Ambroisine Mêmèdé.
Pr Balaka a salué l’initiative du réseau et rappelé que la consommation de substances psychoactives est une urgence de santé publique et selon le rapport du réseau épidémiologique national, les jeunes de 10 à 25 ans sont quotidiennement impliqués dans l’abus d’alcool et d’autres drogues.

Plusieurs impacts négatifs sur la santé
Selon Dr Bomboma (spécialiste en santé mentale), la consommation des produits peut entraîner l’abandon des classes, une dépendance, une perte de mémoire, abîmer le cerveau, détruire le foie.
« Elle est également à l’origine de certains cancers, de cœur qui lâche. La prise en charge existe mais pour parvenir à la guérison cela prend du temps. Donc nous devons nous éloigner de ces produits », a-t-il expliqué, soulignant que la dépendance aux produits psychoactifs a des conséquences néfastes aussi bien sur la santé de la personne affectée, que celle de son entourage.
Créé en 2020, le PNAPP a été mis en place par l’Etat pour coordonner la lutte contre les drogues et garantir l’accès aux soins pour les personnes dépendantes. Le programme intervient sur plusieurs axes : campagnes de prévention et de sensibilisation, éducation à la santé, prise en charge et soutien psychosocial. Il travaille en synergie avec d’autres institutions de réduction de la demande de drogues, à l’exemple du CNAD (Comité National Anti-Drogue).
Des produits nuisibles, mais accessibles
Selon le chargé de suivi et évaluation Kondoh N’Takinawé, la consommation des produits psychoactifs est remarquée sur toute l’étendue du territoire et les régions les plus touchées sont : la région Maritime, le Grand Lomé et la région de la Kara. Cependant le constat général est que la cible la plus vulnérable reste la jeunesse.
Il souligne qu’en Afrique de l’Ouest, l’état des lieux des tendances de consommation, de l’offre et de l’accès aux soins de santé liés aux substances psychoactives est rendu public par le rapport WENDU (Réseau ouest-africain d’épidémiologie sur l’usage de drogues), une initiative stratégique de la CEDEAO.
« Selon le dernier rapport, les produits les plus courants au Togo sont : l’Alcool frelaté, le Sodabi, le Tramadol, le Cannabis, le Tabac, la Chicha. Ce sont des produits qu’on achète dans la rue, sans ordonnance », précise M. Kondoh.
Edem Etonam EKUE