
« La signature de la Charte de Montpellier revêt une dimension hautement symbolique. Elle illustre d’abord la reconnaissance croissante du rôle des acteurs africains et des diasporas dans la définition des cadres de coopération internationale », a souligné Frédérick Tsatsu, Coordinateur Délégué du Bureau International du Conseil International de Dialogue et de Partenariat (CIDP).
Porté notamment par les Conseils du Cameroun, du Tchad et du Togo, et engagé dans une dynamique d’extension vers plusieurs pays africains d’ici fin 2026, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Congo, la Guinée, le Sénégal, le Maroc, le Nigeria et le Kenya, le CIDP incarne une volonté euro-africaine affirmée de contribuer à l’émergence d’un modèle de coopération plus équilibré, fondé sur la co-construction, la proximité territoriale et la valorisation des diasporas.
La Charte de Montpellier pour une coopération internationale plus inclusive, horizontale, impactante et durable, a été signée le vendredi 17 avril 2026 à Montpellier. C’était en présence de Jean-Noël Barrot (ministre français de l’Europe et des Affaires Étrangères), Michaël Delafosse (président de Montpellier Méditerranée Métropole) et de Zita Afi Lawson-Messan (Chargée des Relations avec les Diasporas Africaines & les Sociétés Civiles Françaises du CIDP).
La signature de ce document intervient à quelques jours du sommet « Africa Forward », prévu les 11 et 12 mai prochains à Nairobi, au Kenya.
Cet acte solennel consacre l’aboutissement d’un processus de réflexion, de concertation et de co-construction engagé à l’occasion de la Biennale Euro-Africa de Montpellier, et marque une étape déterminante dans la redéfinition des paradigmes de la coopération entre l’Afrique et l’Europe.
La Charte de Montpellier est le fruit d’une mobilisation exceptionnelle de jeunes leaders africains, de membres des diasporas, de partenaires institutionnels et associatifs, ainsi que d’acteurs issus d’horizons divers. Tous ont été unis par une volonté commune : repenser en profondeur les modalités de la coopération internationale.
La signature de cette charte « traduit également l’émergence d’un leadership africain affirmé, y compris féminin, dans les espaces de décision. Au-delà du symbole, elle consacre un changement de paradigme : l’Afrique n’est plus simplement un partenaire d’exécution, mais un co-architecte des politiques de coopération », a précisé Frédérick Tsatsu.
Selon lui, cette charte « se distingue par son caractère à la fois politique et opérationnel. Elle dépasse le registre des déclarations d’intention pour proposer un cadre structuré reposant sur la gouvernance partagée, la co-construction des projets et l’ancrage territorial des initiatives ».
« Elle introduit des mécanismes concrets permettant de traduire les engagements en actions mesurables, en mobilisant une diversité d’acteurs. En cela, elle constitue une réponse pragmatique aux limites observées dans les approches antérieures, en plaçant l’impact et la redevabilité au cœur de la coopération », a-t-il affirmé.
La Charte de Montpellier repose sur une conviction essentielle : la coopération internationale ne saurait produire des résultats durables sans une implication réelle des acteurs locaux, des jeunesses et des diasporas.
À cet égard, elle promeut un modèle fondé sur la réciprocité des échanges, la co-construction des projets, la valorisation des savoirs locaux et des expériences territoriales ainsi que sur une approche inclusive et participative des dynamiques de développement.
Elle s’articule autour de leviers opérationnels structurants : gouvernance partagée, expérimentation à travers des projets pilotes, dispositifs d’appui technique, mobilisation multi-acteurs et processus d’institutionnalisation, destinés à garantir une mise en œuvre concrète et mesurable des engagements pris.
« Nous sommes à un moment charnière où les relations Afrique-Europe doivent se réinventer en profondeur. Cette transformation ne pourra se faire qu’à travers un engagement sincère en faveur de la coresponsabilité, de l’équité et de l’impact. La Charte de Montpellier offre un cadre pertinent pour accompagner cette évolution, mais sa réussite dépendra de notre capacité collective à en faire un outil vivant, porté par les acteurs et ancré dans les réalités. Il nous appartient désormais de transformer cette ambition en résultats concrets, au service d’un avenir partagé », a dit Frédérick Tsatsu.
Notons que le CIDP s’impose aujourd’hui comme une plateforme structurante du dialogue euro-africain, ancrée dans les réalités locales et ouverte aux dynamiques diasporiques. FIN
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