
Un partenariat Sud-Sud historique, soutenu par un investissement local de 3,5 millions de dollars américains, a été annoncé mercredi à Nairobi en marge de la réunion régionale du Sommet mondial de la santé (World Health Summit Regional Meeting 2026). Portée par Biolinx Africa, la YTO Foundation et Nextgen Molecular Lab, cette initiative vise à accélérer le déploiement de la médecine de précision en Afrique, avec pour premiers points d’ancrage le Kenya et la Côte d’Ivoire.
Ce financement est couplé à l’acquisition d’une plateforme de séquençage à grande échelle de pointe, la NovaSeq X Plus (développée par Illumina), destinée aux applications de séquençage intensif.
L’objectif principal est de corriger une anomalie scientifique majeure : alors que l’Afrique abrite la plus grande diversité génétique humaine au monde, ses populations restent largement sous-représentées dans les bases de données mondiales. Ce manque de données entraîne des diagnostics erronés et des traitements moins efficaces pour les patients africains.
Une feuille de route sur 24 mois
La première phase du projet s’étalera sur deux ans et se concentrera sur le renforcement des capacités locales de séquençage, la production et l’analyse de données génomiques africaines, ainsi que l’intégration progressive de la pharmacogénomique dans les décisions cliniques courantes, notamment en oncologie.
« La génomique en Afrique doit passer de la conversation à la capacité opérationnelle », a martelé le Dr Robert Karanja, Directeur exécutif de Biolinx Africa. De son côté, le Prof. David Téa Okou, fondateur de la YTO Foundation, a insisté sur l’impact médical direct : « De meilleures données, de meilleurs soins ».
Le fruit de synergies continentales
Né de la rencontre entre des chercheurs africains au sein du réseau African Voices of Science (une initiative lancée en 2020 par l’organisation Speak Up Africa), ce partenariat transfrontalier s’inscrit en droite ligne des nouvelles priorités politiques du continent. L’AUDA-NEPAD a érigé la génomique en priorité scientifique, tandis que le CDC Afrique accompagne déjà dix-sept pays dans l’élaboration de stratégies nationales en la matière.
À terme, les promoteurs ambitionnent d’étendre cette plateforme de collaboration à l’ensemble du continent africain au fur et à mesure du développement des infrastructures. FIN
Savoir News