
Les travaux de la Conférence régionale sur la nutrition et le développement de la petite enfance en Afrique de l’Ouest et du Centre (AOC) ont été officiellement lancés ce lundi 11 mai 2026 à Lomé par Mme Moni Sankaredja (Ministre des Solidarités, du genre, de la famille et de la protection de l’enfance).
Etaient présents, Tony Verheijen (Représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo), Mme Coumba Dieng Sow (Coordonnatrice résidente de Nations unies au Togo) ainsi que toute la famille du système des Nations unies (OMS, UNICEF, PAM, …). Au total 20 pays prennent part à cette rencontre de trois jours sur la question nutrition et la petite enfance.
Il s’agit de transformer les engagements politiques en interventions concrètes à grande échelle pour la survie et le développement des enfants.
En Afrique de l’Ouest et du Centre, près d’un tiers des enfants souffrent encore de retard de croissance et 65 millions de femmes d’anémie. Il est donc urgent, d’investir dans la nutrition et le développement de la petite enfance, afin de briser le cycle de la pauvreté, renforcer le capital humain et préparer cette génération à plus et de meilleurs emplois aujourd’hui et demain. L’enjeu est de renforcer la nutrition durant les cinq premières années de vie, d’améliorer la prestation de services, le financement durable et la disponibilité des données.

Le Groupe de la Banque mondiale souligne que chaque dollar investi dans des interventions intégrées de nutrition et de développement de la petite enfance rapporte jusqu’à 23 dollars : « C’est l’un des investissements les plus rentables qu’un État puisse faire. Il n’est pas question ici de philanthropie. Il est question de politique économique rigoureuse et de justice sociale », a souligné Mme Sankaredja dans son discours.
Un investissement rentable
« Les 2 000 premiers jours de vie d’un enfant, depuis la conception à ses cinq ans, sont une fenêtre qui se ferme. On ne rattrape pas les retards de développement cognitif. On ne reconstruit pas les capacités nutritionnelles perdues. Mais on peut (…) s’assurer que cette fenêtre reste grande ouverte pour chaque enfant de nos pays », a précisé la ministre de la protection de l’enfance .
« C’est durant cette fenêtre que se posent les fondations de la santé, du développement cognitif, de la réussite éducative et, à long terme, du capital humain de nos pays. Le moment est venu de transformer les engagements en investissements, et les politiques en résultats tangibles pour chaque enfant », a souligné Dr Hamadou Nouhou (Représentant de l’OMS au Togo). Il a appelé les participants à faire en sorte que cette conférence marque un tournant décisif.
Pour Sire Xavier (Représentant UNICEF), « il y a un engagement conjoint des pays et de la région à investir dans la petite enfance et à développer des politiques qui soient sectorielles, cohérentes…, pour assurer cet impact à long terme, non seulement sur l’enfance, mais sur le développement du pays ».
Driss Zine-Eddine El-Idrissi (Directeur sectoriel de la Banque mondiale pour santé, nutrition et population en AOC), chaque dollar investi dans ce domaine apporte 23 dollars de rentabilité sociale. C’est ça qu’il faut retenir.
« On peut mettre l’infrastructure qu’on veut, on peut mettre le budget qu’on veut, mais si on est malnutri, … on ne va pas y arriver. Aucun pays développé ne connaît ce genre de problème », a-t-il souligné.
Organisée en partenariat avec le Gouvernement du Togo et le Mécanisme de Financement Mondial (GFF), cette première initiative en Afrique subsaharienne sur la nutrition et la petite enfance va déboucher sur des recommandations. FIN
Ambroisine MEMEDE