
Le 2ème Comité de pilotage régional du projet de Réduction des Risques (RdR) auprès des Personnes usagères de drogues (PUD) a démarré ses travaux ce mardi 19 mai 2026 à Lomé.
Cadre de suivi stratégique, ce Comité regroupe les parties prenantes du Bénin, du Togo, ainsi que le consortium du projet. Durant deux jours, les participants auront à partager leurs expériences et les leçons apprises de la mise en œuvre de cette initiative désormais, régionale.
Développés initialement en Côte d’Ivoire entre 2015 et 2023 par l’organisation Médecins du Monde, ces modèles d’approche basés sur la Réduction des Risques ont largement contribué à faire baisser la prévalence du VIH et de la tuberculose au sein des communautés d’usagers de drogues. Ils ont également permis d’améliorer leur accès aux soins et de faire avancer le plaidoyer pour la décriminalisation des pratiques.
Ces succès ont conduit à la mise à l’échelle au niveau régional, afin de mieux répondre aux besoins des personnes usagères de drogues au Togo et au Bénin, dans le respect de leur dignité.
Après deux années d’exécution, cette rencontre de Lomé réunit des professionnels de la santé des pays concernés, des experts des questions d’addictologie, des représentants d’ONG ainsi que des membres des communautés affectées.
Les travaux ont été ouverts par Mme Victoire Tchangaï (Représentante du coordonnateur SP/CNLS-IST), qui a souligné que l’objectif de cette rencontre est de créer un environnement plus favorable, plus inclusif et plus protecteur pour toutes les personnes concernées, en l’occurrence les personnes usagères de drogues.
Oeuvrer pour la dignité des PUD

« La lutte contre le VIH et la Réduction des Risques ne relèvent pas uniquement du secteur de la santé. Elles nécessitent l’implication de plusieurs secteurs. Nous devons continuer à renforcer notre engagement collectif afin de garantir à chaque citoyen l’accès à des services de qualité, dans le respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux », a dit Mme Tchangai.
Pour Hanan Ametepé (président du Conseil d’Administration de la plateforme des OSC de lutte contre le VIH/Sida, de la promotion de la santé et des droits humains au Togo), cette rencontre est importante et primordiale dans le cadre de la lutte le Vih/Sida et des maladies infectieuses de façon générale, et spécifiquement sur les questions des usagers de drogues.
« La lutte contre le VIH et la réduction des risques nécessitent l’implication de plusieurs secteurs. Partout dans la sous-région, nous sommes confrontés à cette question des UD, qui sont criminalisés », a dit M. Ametepe.
Il a déploré l’absence de cadre légal qui protège des UD, et salué le travail communautaire, qui se fait avec l’appui technique et financier de Médecin du Monde et ses partenaires. « Cette rencontre est un rendez-vous de partage, un carrefour d’échanges et de partage d’expériences entre les pays qui font ce travail avec MdM, d’où la plateforme Vih/Sida », a-t-il expliqué.
Pour Mme Thaïs Escobelo Lizano (Coordinatrice régionale adjointe de MdM Côte d’Ivoire), cest un espace de dialogue. « Au bout de ces échanges, il y a des personnes usagères de drogues au Bénin, au Togo et en Côte d’Ivoire, qui méritent que nous ayons le courage de nous dire les choses franchement. Faisons de ces deux jours, un moment productif, bienveillant et décisif pour la suite de notre projet commun », a-t-elle dit.
Pendant les deux jours de travaux, les participants auront à présenter et discuter des résultats programmatiques et financiers de la deuxième année de chaque partenaire et les perspectives des prochains mois dudit projet. Ils présenteront et vont discuter du niveau d’atteinte des indicateurs. Des recommandations seront également formulées pour la suite dudit projet.
Précisons que le projet est mis en œuvre Togo et au Bénin en consortium avec Coalition PLUS et l’ANCS, en partenariat avec Espoir Vie Togo, la plateforme OSC VIH SANTÉ et BORNES.
Rappelons que sa mise en œuvre en Côte d’Ivoire (entre 2015 et 2023), a contribué à la réduction de la prévalence du Vih et de la tuberculose au sein de la population usagère de drogues tout en améliorant l’accès à la santé et en luttant pour la décriminalisation des pratiques. FIN
Ambroisine MEMEDE