La première édition du Forum national sur l’agroécologie et l’agriculture biologique (FNAAB) se tiendra du 7 au 9 avril 2026 à l’Hôtel Sarakawa, ont annoncé ce jeudi 26 mars 2026, les acteurs du secteur lors d’une conférence de presse.
La rencontre avec les professionnels des médias s’est déroulée au Centre agropastoral SICHEM, dans la préfecture du Zio (environ 25 km au nord-est de Lomé).
Placé sous le thème : « L’agroécologie et l’agriculture biologique comme leviers de la transformation des systèmes alimentaires », ce forum se veut une plateforme nationale de dialogue et de mobilisation.

Plus de 400 participants viendront du Togo et d’autres pays, avec une forte représentation des jeunes, des femmes et des collectivités territoriales.
Pilier de l’économie nationale, l’agriculture togolaise représente environ 20% du PIB et mobilise plus de 60% de la population active. Mais le secteur reste confronté à de nombreux défis : dégradation des sols, variabilité climatique, dépendance aux intrants chimiques, difficultés d’accès aux financements et aux marchés. Pour les acteurs du secteur, le problème n’est pas le potentiel, mais l’organisation.
« Le Togo ne manque pas d’opportunités, il doit mieux s’organiser pour les saisir. Notre système agricole arrive à un tournant décisif. Ce n’est pas un problème de potentiel, mais un problème d’organisation », a souligné Dr Combey Anani (président du comité d’organisation du FNAAB).
À cela s’ajoute un recul des exportations biologiques, passées de 104.068 tonnes en 2023 à 88.364 tonnes en 2024, soit une baisse de 15,1%, malgré une demande mondiale en hausse.
« C’est un signal d’alerte, mais aussi une opportunité de transformation », a précisé Dr Combey Anani.
Une réponse stratégique : agroécologie et agriculture biologique
Face à ces défis, le pays a adopté en 202, une stratégie nationale de développement de l’agroécologie et de l’agriculture biologique. Ces approches sont aujourd’hui présentées comme des solutions durables pour restaurer la fertilité des sols, renforcer la résilience des systèmes agricoles, réduire la dépendance aux intrants importés et améliorer durablement la productivité.
« L’agroécologie, c’est produire sans détruire », a rappelé Koami Bokodjin (coordinateur national du RéNAAT).
Selon lui, ces pratiques permettent de concilier productivité agricole et protection de l’environnement, tout en améliorant les revenus des producteurs.

« La production biologique, encadrée par des normes, ouvre aussi des opportunités de marché à forte valeur ajoutée », a ajouté M.Bokodjin.
Un forum pour structurer et coordonner les actions
Malgré les nombreuses initiatives existantes, les actions restent encore peu coordonnées. Le FNAAB ambitionne donc de créer un cadre structurant autour de quatre axes majeurs : la structuration des filières agroécologiques et biologiques, le renforcement du dialogue politique et institutionnel, la mobilisation des investissements publics et privés et l’amélioration de l’accès aux marchés.
« Ce forum va mobiliser des producteurs, des coopératives, des acteurs du secteur, mais aussi aborder des questions essentielles comme le financement, les semences ou encore la place des femmes et des jeunes dans l’agroécologie », a expliqué Dr Bokodjin.
Des panels de haut niveau, des ateliers thématiques, des expositions et des sessions dédiées aux jeunes et aux femmes sont prévus. Le forum servira aussi de vitrine pour les produits agroécologiques et biologiques togolais, encore peu consommés localement.
L’événement servira également de vitrine pour les produits locaux.
« Nous voulons amener les populations à consommer ce que nous produisons. Il n’est pas normal d’importer du riz, alors que nous en produisons localement dans des conditions agroécologiques », a déploré le coordinateur national du RéNAAT.
Vers une souveraineté alimentaire renforcée
Au-delà des échanges, les organisateurs visent des résultats concrets : adoption d’une feuille de route nationale, meilleure coordination des acteurs, identification de financements et renforcement de l’inclusion.
Le gouvernement, à travers le ministère chargé de l’agriculture, réaffirme son engagement à accompagner cette transition vers des systèmes agricoles durables et résilients.
Pour Martin Komla Segoh (chef division pour la promotion des cultures vivrières de rente et diversification au ministère chargé de l’agriculture), « l’agroécologie et l’agriculture biologique apparaissent comme des réponses structurantes, capables de concilier productivité, durabilité environnementale et bien-être des populations ».
Pour les initiateurs, l’enjeu est clair : faire de l’agroécologie et de l’agriculture biologique des piliers de la souveraineté alimentaire du Togo.

Au-delà des échanges, les organisateurs attendent des résultats concrets : adoption d’une feuille de route nationale, mobilisation de financements, renforcement des partenariats et meilleure coordination des acteurs.
Un appel est lancé à tous les acteurs, pouvoirs publics, partenaires techniques, secteur privé, producteurs et médias pour faire de cette rencontre un tournant décisif pour l’agriculture togolaise. FIN
Bernadette AYIBE





