
Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a appelé mardi 19 mai 2026, à une mobilisation internationale renforcée face à l’épidémie d’Ebola en cours, tout en s’opposant aux restrictions de voyage jugées contreproductives.
Dans une déclaration, Africa CDC indique avoir déclaré l’épidémie le 15 mai 2026 après confirmation de cas dans au moins deux pays. L’institution continentale précise qu’elle assure depuis un partage continu d’informations avec les États membres, les partenaires et la communauté internationale.
L’agence sanitaire africaine prend acte de la décision des États-Unis d’émettre un avis « Ne voyagez pas » de niveau 4 pour la République démocratique du Congo et d’imposer des restrictions d’entrée aux voyageurs non américains ayant séjourné récemment en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud.
L’Afrique a besoin de solidarité, pas de stigmatisation
« Notre préoccupation ne porte pas sur l’objectif de protéger les populations, mais sur l’utilisation de restrictions de voyage générales comme principal outil de santé publique pendant les épidémies », souligne Africa CDC. L’organisation estime que ces mesures offrent un bénéfice limité en santé publique tout en entraînant des conséquences économiques, humanitaires et opérationnelles importantes.
Le DG d’Africa CDC, Dr Jean Kaseya, a rappelé que « le moyen le plus rapide de protéger tous les pays du monde est de soutenir agressivement le contrôle des épidémies à la source ». Il a insisté sur le fait que « la sécurité sanitaire mondiale ne peut pas être obtenue par les frontières seules. Elle s’obtient par le partenariat, la confiance, la science et l’investissement rapide dans la capacité de préparation et de réponse», a expliqué Dr Kaseya.
Rappelons que Africa CDC a déclaré l’Urgence de santé publique de sécurité continentale le 18 mai 2026, afin de mobiliser le leadership politique, les ressources et une action coordonnée. L’institution appelle à renforcer la préparation transfrontalière, soutenir les agents de santé de première ligne, intensifier la communication sur les risques, étendre les diagnostics et le séquençage du virus Ebola Bundibugyo, et accélérer le développement de vaccins et traitements pour toutes les souches.
L’organisation dénonce également une « injustice structurelle » : identifié il y a près de 20 ans, le virus Ebola Bundibugyo ne dispose toujours d’aucun vaccin ni traitement homologué.
Africa CDC dit être pleinement mobilisé pour soutenir la RDC, l’Ouganda, le Soudan du Sud, le Rwanda et les autres pays à risque. Elle appelle les pays à s’abstenir d’imposer des restrictions de voyage ou commerciales inutiles, rappelant que « l’Afrique a besoin de solidarité, pas de stigmatisation ».
Cette position s’inscrit dans la continuité de l’action d’Africa CDC lors de l’épidémie de Marburg au Rwanda en 2024, où l’institution s’était opposée aux mesures de voyage pénalisant la transparence. FIN
Ambroisine MEMEDE