
Le sit-in annoncé le lundi 12 octobre 2026 par la Fédération Togolaise de Musique (FTM) dans les locaux du ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts à Lomé se heurte à des « restrictions légales » liées à cet emplacement, selon des sources proches du ministère.
Prévu de 8 heures à 12 heures, le rassemblement est présenté par la FTM comme une manifestation pacifique, apolitique et non violente, à vocation exclusivement culturelle et professionnelle.
Dans son courrier adressé au ministère, la fédération indique avoir effectué une déclaration préalable auprès du département chargé de l’Administration territoriale et informé les autorités compétentes en matière de sécurité.
Le choix des locaux du ministère comme lieu de rassemblement soulève, selon ces sources, une difficulté au regard du cadre juridique régissant les réunions et manifestations publiques pacifiques.
Elles se réfèrent notamment à l’article 9-2 nouveau de la loi n° 2019-010 du 12 août 2019, modifiant la loi n° 2011-010 du 16 mai 2011, qui prévoit des restrictions concernant les manifestations organisées dans certains espaces et sur certains axes.
Ces dispositions visent notamment les rassemblements organisés aux abords de certaines institutions de la République, au regard d’impératifs présentés comme stratégiques, économiques et sécuritaires. Les sources proches du ministère estiment ainsi que les locaux mêmes du département constituent un emplacement soumis à ces restrictions.
Elles soulignent par ailleurs que le caractère pacifique et professionnel revendiqué par les organisateurs ne suffirait pas, à lui seul, à écarter les dispositions légales applicables. De même, la déclaration préalable d’une manifestation ne saurait, selon cette lecture, autoriser son organisation dans un espace où celle-ci serait légalement proscrite.
Au-delà de la question du lieu retenu pour le sit-in, les préoccupations professionnelles exprimées par la FTM font l’objet d’échanges avec les autorités. Le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Isaac Tchiakpè, a ainsi rencontré lundi des représentants des acteurs culturels, à l’issue d’une réunion à huis clos décrite comme « conviviale » par les participants.
Cette rencontre a réuni, outre les représentants des acteurs culturels, des cadres techniques du ministère et d’autres personnes-ressources. Les échanges ont porté sur les préoccupations des artistes et sur l’examen des pistes susceptibles d’y apporter des réponses.
Parmi les principales préoccupations soulevées figurent l’opérationnalisation du Fonds national de promotion de la culture (FNPC), la transparence dans sa gestion et la publication de ses rapports d’activités. Les acteurs culturels demandent également la réforme du Bureau togolais du droit d’auteur (BUTODRA), la modernisation du cadre juridique relatif au droit d’auteur ainsi que la mise en œuvre de la rémunération pour copie privée.
Les échanges ont également porté sur la nécessité de définir une politique sectorielle de la musique et de renforcer le soutien de l’État aux espaces culturels et aux lieux de diffusion. Ces revendications concernent plus largement les conditions de création, de diffusion et de professionnalisation des artistes togolais.
Les participants sont convenus de mettre en place un « cadre permanent de concertation » destiné au suivi des revendications du secteur culturel. Cette initiative doit permettre de poursuivre les échanges sur les différentes préoccupations exprimées par les acteurs et d’examiner les réponses relevant des attributions du département. FIN
Edem Etonam EKUE