
La table d’honneur, à l’ouverture de la rencontre
Les acteurs du secteur agroalimentaire ont entamé ce lundi 17 août 2026 à Lomé deux jours de sensibilisation sur 46 normes nationales et 31 programmes de certification des produits prioritaires.
L’initiative est portée par la Haute Autorité de la qualité et de l’environnement (HAUQE), avec l’appui du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP-Togo), financé par la Banque mondiale, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire.
Elle vise à mieux faire connaître ces normes aux producteurs, transformateurs et autres acteurs de la chaîne alimentaire.
Placée sous le thème « Diffusion des normes togolaises des filières agroalimentaires prioritaires et des programmes de certification élaborés », la rencontre porte sur 46 normes nationales et 31 programmes de certification.
Les 46 normes couvrent notamment les céréales et légumineuses, les tubercules, les viandes et volailles ainsi que les produits horticoles. Elles concernent entre autres des filières telles que le soja, le maïs, le sorgho, le riz et les produits d’origine animale.
Dans un contexte d’ouverture croissante des marchés, la conformité des produits aux exigences de qualité constitue un enjeu majeur pour les entreprises togolaises. L’adoption des normes et la certification des produits apparaissent ainsi comme des leviers de compétitivité et d’accès aux marchés national, régional et international.
Cette exigence prend une importance particulière avec la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), opérationnelle depuis janvier 2021, qui ouvre aux produits africains un marché de plus de 1,3 milliard de consommateurs. Pour accéder à ces débouchés, les entreprises doivent notamment renforcer la qualité et la conformité de leurs produits.
Des normes adaptées aux réalités togolaises
« La qualité a pour point de démarrage, la norme. Sans la norme, on ne peut pas parler de qualité », a rappelé Dr Essot’na Héyou Bodjona, directeur général de la HAUQE.
Selon lui, ces normes présentent l’avantage de tenir compte des réalités togolaises, notamment des conditions climatiques et des caractéristiques des sols.
« Il fallait porter à la connaissance des producteurs et des transformateurs l’existence de ces normes togolaises qui prennent en compte nos réalités », a-t-il expliqué.
L’initiative vise également à faire de la qualité un levier de compétitivité pour les entreprises togolaises, notamment les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), tout en contribuant à la protection des consommateurs et à l’amélioration de la valeur ajoutée des produits locaux.
Au-delà de l’amélioration des pratiques de production, l’enjeu est aussi commercial. La conformité des produits constitue un préalable pour les entreprises qui souhaitent accéder à de nouveaux marchés.
Représentant le coordonnateur opérationnel délégué du FSRP-Togo, Koffi Edoh Nator, responsable de la composante 3 du programme, estime que « la qualité n’est plus un simple argument commercial, mais une véritable condition d’accès aux marchés ».
Le FSRP-Togo a ainsi accompagné l’élaboration de ces normes par l’Agence togolaise de normalisation (ATN), ainsi que la mise en place de programmes de certification par le Comité togolais d’agrément (COTAG).
« Élaborer des normes et des programmes de certification est une chose. Les faire connaître, les faire vivre et les faire adopter par celles et ceux qui produisent, transforment et commercialisent nos denrées alimentaires en est une autre, tout aussi essentielle », a souligné Koffi Edoh Nator.
De l’élaboration à l’application
Durant les deux jours de travaux, les participants doivent notamment prendre connaissance du contenu des normes, du processus de certification et des exigences auxquelles les entreprises doivent répondre. Ils sont également appelés à faire part de leurs besoins en matière de certification et à se prononcer sur les normes susceptibles d’être rendues obligatoires.
Selon Dr Essot’na Héyou Bodjona, l’élaboration des normes a débuté en 2024. « Le processus a notamment comporté la mise en place de comités techniques et différentes étapes de validation avant leur homologation et leur publication », a-t-il précisé.
« Une fois publiées, elles deviennent officiellement des normes togolaises. Il faut maintenant les faire connaître et les diffuser », a-t-il ajouté.
La prochaine étape concernera leur éventuelle mise en application obligatoire. En principe, les normes sont d’application volontaire. Certaines peuvent toutefois devenir obligatoires lorsqu’elles concernent notamment la santé, la sécurité ou l’environnement, par voie réglementaire.
« Il s’agira de voir parmi les 46 normes élaborées quelles sont celles que nous allons rendre d’application obligatoire au regard de leur importance et de leur impact sur notre alimentation », a précisé le directeur général de la HAUQE.
La démarche associe plusieurs catégories d’acteurs, notamment les producteurs, transformateurs, consommateurs, universités, ministères, instituts de recherche, ONG, partenaires techniques et financiers, entreprises, laboratoires et organisations professionnelles.
Le président de la HAUQE, Laré Arzouma Botre, a estimé que cette mobilisation devait contribuer à renforcer la culture de la qualité au Togo. Il a appelé les participants à « s’approprier ces normes et programmes de certification en vue d’en tirer le meilleur parti » et invité les médias à relayer ces informations auprès des entreprises et du public.
Après Lomé, un second atelier est prévu à Kara les 20 et 21 août, afin de sensibiliser les acteurs des régions du nord. L’objectif est de favoriser l’appropriation de ces normes et programmes de certification par les acteurs de la chaîne agroalimentaire et de renforcer la compétitivité des produits togolais.
FIN
Bernadette AYIBE