
Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a plaidé ce jeudi 18 juin 2026, à l’ouverture du sommet FII PRIORITY Europe, pour une « relation stratégique plus équilibrée » entre l’Europe et l’Afrique, fondée sur la transformation économique, la création de valeur locale et des partenariats adaptés aux nouvelles réalités mondiales.
Le sommet FII PRIORITY Europe est une rencontre de très haut niveau consacrée à l’examen des mécanismes de financement de la réindustrialisation, au renforcement de la résilience des chaînes d’approvisionnement et à la transformation de la main-d’œuvre dans une économie de plus en plus portée par l’intelligence artificielle.
La rencontre a réuni plusieurs personnalités de haut niveau, dont le président du conseil d’administration du Future Investment Initiative (FII) Institute, Yasir ben Othman Al-Rumayyan, le fondateur et président du comité exécutif de l’institution, Richard Attias, ainsi que des dirigeants politiques, des responsables d’institutions financières internationales, des investisseurs de premier plan et des chefs d’entreprise.
Pour le président du Conseil, les défis auxquels font face l’Afrique et l’Europe ne peuvent plus être abordés à travers les schémas traditionnels de coopération.
Faure Gnassingbé a estimé qu’il est désormais nécessaire de construire une nouvelle relation, fondée sur les réalités du XXIᵉ siècle et une meilleure prise en compte des intérêts stratégiques réciproques.
« Il ne s’agit pas de parler d’aide, de commerce ou de coopération classique. Il s’agit de construire une relation stratégique plus équilibrée entre l’Europe et l’Afrique. Ce dialogue est utile parce qu’il oblige à dépasser les anciens réflexes. Il invite à repenser les partenariats à la lumière des nouvelles réalités économiques. Il nous pousse à bâtir des réponses adaptées à un monde devenu plus complexe et plus exigeant », a précisé le dirigeant togolais.
Organisée par Future Investment Initiative (FII) Institute, cette rencontre de haut niveau est placée sous le thème « L’Europe réimaginée : capital, souveraineté et autonomie stratégique ».
Le dirigeant togolais a estimé que les complémentarités entre l’Europe et l’Afrique offrent un terrain particulièrement propice à la construction de nouveaux équilibres économiques.
‘Partenariat gagnant-gagnant’
Selon Faure Gnassingbé, l’Europe recherche des partenaires fiables pour sécuriser ses approvisionnements et renforcer sa compétitivité, tandis que l’Afrique a besoin de capitaux, de technologies et d’infrastructures pour accélérer sa transformation. D’où la nécessité, selon lui, d’un partenariat gagnant-gagnant.
« L’Europe a besoin de partenaires fiables pour son énergie, ses matières premières critiques, ses marchés d’avenir et ses chaînes de valeur. L’Afrique a besoin de capital patient, de technologie, d’accès au marché, d’infrastructures et de capacités industrielles. Ces besoins ne s’opposent pas. Ils peuvent se renforcer mutuellement. À condition que le partenariat soit pensé comme une convergence d’intérêts stratégiques », a-t-il insisté.
Abordant la question du financement du développement, le président du Conseil a plaidé pour une redéfinition du rôle du capital dans l’économie mondiale.
Selon lui, la performance ne peut plus être appréciée uniquement à l’aune du rendement immédiat, mais doit désormais intégrer la capacité des investissements à renforcer durablement la résilience productive des territoires.
« Le capital doit changer d’horizon. Il ne peut pas seulement financer des actifs isolés. Il doit contribuer à construire des systèmes productifs complets et cohérents », a-t-il poursuivi.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit la stratégie économique du Togo, a affirmé Faure Gnassingbé.
Il a rappelé la volonté du pays de renforcer son positionnement comme plateforme logistique, industrielle et commerciale en Afrique de l’Ouest. Cette ambition repose notamment sur la modernisation continue du port de Lomé, le développement des corridors régionaux ainsi que la digitalisation progressive des procédures commerciales.
« Notre ambition est claire : consolider le rôle du Togo comme plateforme logistique, industrielle et commerciale de l’Afrique de l’Ouest. Nous disposons d’atouts solides avec le port de Lomé, les corridors vers l’hinterland et la facilitation du commerce. L’étape suivante consiste à mieux relier ces atouts au développement des chaînes de valeur ciblées. Cette stratégie est nationale, mais elle possède également une portée régionale», a-t-il expliqué.
Enfin, Faure Gnassingbé a appelé à un profond changement de paradigme dans les relations euro-africaines.
Il a surtout invité l’Afrique et l’Europe à dépasser les approches héritées du passé afin de construire un partenariat davantage orienté vers la production, l’innovation et la création de valeur.
« L’Afrique ne veut pas et ne peut pas seulement être un fournisseur d’intrants ou un marché futur. L’Afrique veut devenir un espace de production, de transformation, d’innovation et de solutions. Elle veut créer davantage de valeur localement. Elle veut construire ses propres capacités industrielles, énergétiques, numériques et financières », a-t-il martelé. FIN
Ambroisine MEMEDE