savoir

L’albinisme : l’ANAT et le programme CLE présentent les résultats d’un projet d’appui entrepreneurial pour 20 bénéficiaires

L’Association nationale des personnes atteintes d’albinisme au Togo (ANAT) a présenté mardi à Lomé les résultats d’un projet d’appui entrepreneurial destiné à renforcer les activités économiques de jeunes et parents d’enfants atteints d’albinisme.

Cette initiative, mise en œuvre avec l’appui du programme Compétence Leadership Education (CLE), a bénéficié à 20 personnes.

La rencontre a réuni les responsables de l’ANAT, les représentants du programme CLE et quelques bénéficiaires afin de présenter les résultats enregistrés, partager les enseignements tirés de l’expérience et renforcer la collaboration entre les deux partenaires.

Lancé en mars, pour une durée de trois mois et prévu s’achever le 30 juin 2026, le projet a bénéficié à 20 personnes dont 4 jeunes filles et 16 femmes issues des préfectures de Tône, Oti, Kozah et Kéran, qui ont reçu une formation en entrepreneuriat et en savonnerie ainsi qu’un accompagnement dans le développement de leurs activités génératrices de revenus.

Il a été mis en œuvre dans un contexte marqué par les difficultés d’insertion économique des personnes atteintes d’albinisme et de leurs familles, confrontées notamment au chômage, à la stigmatisation, à la faible scolarisation et à l’insuffisance de dispositifs d’accompagnement adaptés.

De nouveaux outils et des résultats encourageants

Selon le directeur exécutif de l’ANAT, Souradji Ouro-Yondou, le projet a permis non seulement de former des bénéficiaires à l’entreprenariat et à la savonnerie, mais également d’introduire de nouvelles approches dans leur accompagnement.

« Le projet que nous avons mis en œuvre avec l’appui du programme CLE, nous a permis d’avoir plusieurs effets, notamment l’accompagnement en entrepreneuriat déjà à travers la formation des personnes formatrices qui à leur tour sont allés former des bénéficiaires sur le terrain : c’est déjà un acquis. Ensuite le projet nous a permis dans sa mise en œuvre d’utiliser un certain nombre d’outils nouveaux qui nous été proposés. Donc ce projet nous a permis de les tester notamment pour pouvoir diagnostiquer le profil des personnes à accompagner en à travers ce projet », a-t-il souligné.

« Ce qui est pour nous une très grande avancée parce qu’avant cela, nous regroupons tous les bénéficiaires, nous leur apportons la même formation, le même suivi, mais avec cet outil nous pouvons différencier le profil de chaque bénéficiaire et pouvoir adapter l’accompagnement en fonction de cela », a-t-il ajouté.

Les visites de suivi effectuées après le démarrage des activités ont également permis d’identifier certains axes d’amélioration.

Pour le responsable de l’ANAT, ces acquis contribuent également au renforcement de la résilience des populations.

« Nous sommes vraiment contents parce que cela contribue non seulement à faire avancer nos indicateurs sur le plan stratégique et aussi de nous positionner dans le cadre des actions de renforcement de la résilience des populations dans la région des Savanes parce que c’est principalement dans cette région que le projet s’est déployé », s’est réjoui le directeur exécutif de l’ANAT.

La majorité de bénéficiaires déjà en activité

Le coordinateur du projet, Bonfo Djoé Chérif, a rappelé que l’initiative est née d’un constat : « Le constat était que les parents d’enfants atteints d’albinisme vivent une double vulnérabilité, d’abord l’exclusion sociale à cause de leur enfant et en tant que femme et la zone aussi est un milieu nécessitant d’un accompagnement renforcé. Ce constat est arrivé à l’ANAT. Nous avons initié ce projet avec le financement du programme CLÉ ».

Après une phase de sélection organisée le 20 avril, les bénéficiaires ont suivi une formation du 21 au 25 avril portant sur l’entrepreneuriat et la fabrication de savon. Un suivi de terrain a ensuite été réalisé du 1er au 4 juin afin d’évaluer l’évolution des activités.

Parmi les témoignages présentés lors de la rencontre figure celui de Kangba Latiepalou, bénéficiaire de Dapaong : « J’ai 5 enfants dont deux atteints d’albinisme. J’avais effectivement besoin de ce projet, parce qu’avant, j’achetais du savon pour le revendre et le bénéfice n’était pas assez conséquent. je cherchais de ce fait de l’argent pour faire une formation en savonnerie afin d’avoir plus de bénéfices. Et c’est là que j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour la formation de l’ANAT. On a été formé pendant une semaine et après cela j’ai immédiatement commencé la fabrication de savon. Au début, j’ai eu quelques soucis de production, mais avec le suivi de la formatrice, je me suis retrouvée. Maintenant je produis le savon et je le vends au marché et dans les boutiques. J’arrive à épargner ».

La conseillère en entrepreneuriat du programme CLE, Anick Kwetcheu Gano, a pour sa part insisté sur l’importance des outils transmis aux formateurs et sur l’accompagnement de proximité mis en place après les sessions de formation.

« Avant la formation des bénéficiaires, nous avons eu une formation où il leur a été donné certains outils notamment le diagnostic, l’identification des bénéficiaires, le contenu de la formation », a-t-elle précisé. FIN

Rolande Solim ARE

Poursuivez votre lecture sur les mêmes thèmes :
Retour en haut