
La Conférence Women Deliver tenue le 29 avril 2026 à Narrm (Melbourne), a lancé un appel vibrant à placer l’égalité des genres et le droit à la santé, au cœur des priorités mondiales.
Cet appel qui intervient à 56 mois de l’échéance des Objectifs de Développement Durable (ODD) 2030, précède la 79ème Assemblée mondiale de la Santé (AMS 79) prévue du 18 au 23 mai 2026 à Genève (en Suisse).
Cette conférence a réuni des militants, des experts et des professionnels des médias. Elle a été marquée par la remise des SHE & Rights Media Awards 2026.
Dix-huit journalistes des régions Afrique et Asie-Pacifique ont été honorés pour leur couverture exceptionnelle des enjeux de justice sociale. Shobha Shukla, coordinatrice de SHE & Rights, a rappelé que l’égalité des genres (ODD 5) et le droit à la santé (ODD 3) sont des droits « inséparables et indivisibles ».
Un plaidoyer pour le cycle de vie et la dignité
Les discussions ont mis en lumière des réalités souvent occultées. Le concept de « justice tout au long du cycle de la vie » a été défendu par plusieurs intervenants, soulignant que les discriminations s’accumulent avec l’âge.
Selon Shobha Shukla, la discrimination est un obstacle majeur à l’accès aux soins. Pour Dr Imran Pambudi, du ministère indonésien de la Santé, la protection des personnes âgées et la lutte contre les violences faites aux femmes doivent être des priorités immédiates.
Santé reproductive et droits des minorités : des acquis menacés
La conférence a également servi de tribune pour dénoncer les reculs législatifs mondiaux. Debanjana Choudhuri (spécialiste plaidoyer, et droits liés au genre) a fermement soutenu que l’avortement sécurisé relève du soin de santé fondamental. Notons qu’aux Philippines, où la législation est l’une des plus restrictives, la campagne pour la décriminalisation prend de l’ampleur. Elle est portée par une coalition de plus de 130 organisations. La question de l’identité de genre occupe également une place importante.
Du côté de la Thaïland, on annonce le financement de soins d’affirmation de genre pour 200 000 personnes, tandis que d’autres pays comme l’Inde et les Tonga font face à des réformes jugées régressives par les communautés transgenres.
L’appel de Genève
À l’approche de l’AMS79, l’organe décisionnel suprême de l’OMS, la pression s’intensifie sur les ministres de la santé des 194 pays membres. Les activistes exhortent les gouvernements à ne pas céder aux pressions conservatrices et à garantir un système de santé inclusif et non discriminatoire.
« Les gouvernements ne peuvent pas instaurer la santé pour tous, tout en favorisant des agendas régressifs. La dignité humaine ne doit faire l’objet d’aucun compromis politique », a souligné Shobha Shukla Coordonnatrice She & Rights. FIN
Ambroisine MEMEDE