
Le Togo a officiellement lancé, vendredi 4 septembre à Kpalimé (environ 120 km au nord de Lomé), la campagne de commercialisation du café et du cacao 2026-2027, avec pour ambition d’inverser la tendance après le recul des exportations enregistré lors de la précédente campagne.
Selon les données du Comité de coordination des filières Café-cacao (CCFCC), 2.600 tonnes de café et 8.900 tonnes de cacao ont été exportées au cours de la campagne 2025-2026, contre respectivement 4.400 tonnes et 24.000 tonnes lors de la campagne 2024-2025. Ce recul intervient dans un contexte où la production nationale connaît, pour sa part, une progression.
La contrebande, particulièrement dans la zone du Litimé, figure parmi les difficultés relevées lors du bilan de la campagne précédente. Selon le CCFCC, ces pratiques créent du désordre dans les filières, contournent le fisc et occasionnent un manque à gagner pour l’économie nationale. Le gouvernement a salué la mobilisation du CCFCC, des préfets et des forces de sécurité pour lutter contre ce phénomène.
Qualité, traçabilité et professionnalisation au cœur de la nouvelle campagne
Pour la nouvelle campagne, les autorités misent principalement sur l’amélioration de la qualité, la traçabilité et la professionnalisation des acteurs. Dans le cadre du Programme de modernisation de l’agriculture togolaise (ProMAT) 2025-2034, les producteurs bénéficient notamment d’engrais spécifiques, de matériel végétal subventionné et d’un accompagnement technique renforcé.
Douze techniciens de formation professionnelle et 91 conseillers techniques en gestion et économie agricole sont notamment déployés sur le terrain. Le gouvernement mise également sur la recherche concernant les maladies et ravageurs ainsi que sur l’amélioration de la productivité.
Les efforts portent par ailleurs sur la qualité post-récolte, avec l’inauguration de deux centres de traitement à Kessibo-Abrewankor et Mpoti-Blitta. Le gouvernement prévoit d’étendre ces infrastructures à la filière café. À Lomé, la « Maison du Café : Le Terroir » constitue également un nouvel espace dédié à la valorisation du café togolais.
La traçabilité constitue aussi un enjeu majeur pour préserver l’accès aux marchés internationaux, notamment européen. Le Togo poursuit ainsi l’identification des producteurs et le géoréférencement des parcelles, dans le cadre de la mise en œuvre de la diligence raisonnée et de l’adaptation aux nouvelles exigences environnementales et sociales.
Production et rendements : des indicateurs en progression
Malgré le recul des exportations, la production nationale de café et de cacao a enregistré une progression ces dernières années.
Après une stabilité en 2023, où elle est restée identique à celle de 2022, à 25 132 tonnes, la production de café a progressé à 27 336 tonnes en 2024, puis à 29 984 tonnes en 2025.
La production de cacao est, quant à elle, passée de 17.532 tonnes en 2022 à 19.476 tonnes en 2023, avant de s’établir à 21.635 tonnes en 2024, puis à 21.863 tonnes en 2025.
Les rendements des cultures de café et de cacao ont également progressé au cours des dix dernières années, passant de 250 à 350 kg à l’hectare à 550-650 kg actuellement. L’objectif affiché est d’atteindre au moins une tonne à l’hectare pour les deux cultures.
Le gouvernement entend s’appuyer sur cette dynamique pour renforcer la compétitivité des deux filières et améliorer les revenus des producteurs.
Le représentant du ministre de l’Agriculture, Kolani Dindogue, a inscrit la nouvelle campagne dans la Vision agricole 2040, qui ambitionne de promouvoir une agriculture compétitive et à haute valeur ajoutée.
Il a notamment relevé les actions engagées en matière d’appui aux producteurs, de recherche sur les maladies et ravageurs et d’amélioration de la productivité.
Prix et rémunération des producteurs au cœur des préoccupations
De son côté, le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a insisté sur la nécessité de pratiquer des prix compatibles avec le niveau des coûts mondiaux, afin d’assurer une rémunération équitable aux producteurs tout en préservant une marge raisonnable pour les autres acteurs de la chaîne de valeur.
« Le gouvernement considère que la pratique de prix compatibles avec le niveau des coûts mondiaux est essentielle pour assurer une rémunération équitable à nos productrices et producteurs, tout en garantissant une marge raisonnable pour les autres acteurs de la chaîne de valeur », a indiqué Badanam Patoki.
Le secrétaire général du CCFCC, Enselme Gouthon, a de son côté appelé les acteurs des deux filières à unir leurs efforts pour relever les défis de la nouvelle campagne, notamment en matière de lutte contre la contrebande et de respect des exigences de traçabilité.
« Nous avons tous le devoir d’œuvrer à décourager les pratiques de contrebande qui créent du désordre sur le terrain, particulièrement ces deux dernières années. Elle procède d’une surenchère qui dérègle les dispositions mises en place par les acteurs des deux filières. Elle contourne le fisc et constitue un manque à gagner pour l’économie nationale. Elle doit être combattue avec rigueur », a insisté M. Gouthon.
Le CCFCC célèbre cette année ses 30 ans d’existence. À cette occasion, le gouvernement a salué la contribution de son secrétaire général au rayonnement international du Togo dans les instances café-cacao.
Le mois d’octobre, consacré au « Mois du Consommer local » dans l’espace UEMOA, sera également mis à profit pour promouvoir la transformation locale des produits issus des filières café et cacao. Cette orientation vise à accroître la valeur ajoutée créée au niveau national et à diversifier les débouchés.
La campagne 2026-2027 s’inscrit ainsi dans la dynamique « Protéger, Rassembler, Transformer », avec l’ambition de redresser les exportations, renforcer la compétitivité des filières et garantir une meilleure rémunération aux producteurs.FIN
Edem Etonam EKUE (Source: www.agroclimatique.tg)