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Sommet de l’ONU à New York : l’Union africaine fait de la santé maternelle et infantile un enjeu de souveraineté sanitaire

Réunis en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU81) à New York, les Chefs d’État et de gouvernement, les représentants de l’Union africaine et leurs partenaires ont adopté, le 23 septembre 2026, un communiqué de haut niveau plaçant la santé maternelle et infantile au cœur des enjeux de souveraineté sanitaire.

Placée sous le leadership de Dr Samia Suluhu Hassan, Présidente de la Tanzanie et Championne de l’UA pour la santé maternelle et infantile, cette rencontre marque un tournant pour faire face à une urgence jugée « silencieuse » sur le continent.

Une crise alarmante malgré des solutions connues

Les participants se sont dits préoccupés par le fait que le continent enregistre aujourd’hui près de 70 % des décès maternels dans le monde, près des deux tiers (62 %) de l’ensemble des décès d’enfants de moins de cinq ans, près de la moitié des mortinaissances mondiales et plus de la moitié des enfants dits « zéro dose ».

Selon une évaluation continentale menée par Africa CDC auprès des 55 États membres, le défi principal ne réside plus dans l’absence de solutions abordables et efficaces, mais dans « l’incapacité des systèmes de santé à les fournir de manière fiable, équitable et à grande échelle ». Cette situation est aggravée par l’insuffisance du financement national, la baisse de l’aide publique au développement et la fragmentation des financements.

Les « Trois Zéros » comme boussole politique

Pour répondre à cette urgence et inverser la tendance avant 2030, les dirigeants réaffirment l’objectif des Trois Zéros : « Zéro accouchement à domicile, Zéro décès maternel et néonatal évitable et Zéro enfant non vacciné ».

Le communiqué rendu public à l’issue de cette réunion structure la réponse autour de quatre engagements majeurs pris par les États membres :

  • Une attention politique permanente : Maintenir la santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et des adolescents (SRMNIA) au plus haut niveau de l’agenda, tout en systématisant l’examen et le suivi de chaque décès évitable.
  • Des financements nationaux renforcés : Accroître durablement les budgets nationaux, améliorer leur exécution et transformer les soins de santé primaires en plateformes principales de services intégrés et de qualité.
  • Alignement des partenaires : Coordonner les appuis techniques et financiers autour des plans nationaux afin de réduire la fragmentation et les mécanismes parallèles.
  • La redevabilité au plus haut niveau : Rendre compte chaque année à la Conférence de l’Union africaine via le Tableau de bord continental de la SRMNIA, et instituer une revue biannuelle présidée par la Championne de l’UA.

Un appel direct aux partenaires internationaux

Les dirigeants africains ont également exhorté les institutions partenaires (OMS, UNFPA, UNICEF, Gavi, Fonds mondial, Fondation Gates, entre autres) à aligner leurs financements et leurs innovations sur les priorités nationales, à garantir des ressources prévisibles à long terme, et à soutenir le renforcement des capacités locales. Cela inclut notamment la sécurité des produits de santé, les achats groupés et l’accès à des produits fabriqués en Afrique à travers des mécanismes continentaux dédiés (tels que l’AMA, l’APPM, la PHAHM ou l’AVMA).

Le communiqué rendu public a été approuvé par l’ensemble des représentants des 55 États membres de l’Union africaine, les organes de l’UA, les communautés économiques régionales (CER), ainsi que par de nombreux partenaires multilatéraux, financiers et philanthropiques. FIN

Ambroisine MEMEDE

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