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Nigeria : des jihadistes assiègent une ville depuis des jours, l’armée ordonne un couvre-feu

Des jihadistes nigérians assiègent depuis trois jours une ville de l’État de Yobe, dans le nord-est du Nigeria, tandis que les forces armées maintiennent un couvre-feu 24 heures sur 24, contraignant les habitants à rester chez eux, ont déclaré vendredi à l’AFP des sources militaires et des habitants.

Des jihadistes de la Province de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont attaqué dans la nuit de mardi à mercredi une base militaire à Geidam, une ville d’environ 89.000 habitants, provoquant une fusillade qui a duré jusqu’à l’aube, selon des habitants.

L’État de Yobe, tout comme l’État de Borno voisin, a été l’un des plus durement touchés par le conflit jihadiste qui dure depuis 17 ans au Nigeria.

« Nous sommes contraints de rester chez nous depuis mercredi par les soldats, qui ont averti tout le monde de ne pas mettre le nez dehors », a déclaré à l’AFP par téléphone Abubakar Musa, un habitant de Geidam.

Deux officiers militaires ont expliqué que le couvre-feu était nécessaire, car les jihadistes ont assiégé la ville et pourraient lancer de nouvelles attaques.

« Les terroristes ont été repoussés, mais ils sont revenus et encerclent la ville de Geidam depuis mercredi : impossible d’y entrer ou d’en sortir », a affirmé un militaire.

« Les terroristes sont cachés à l’extérieur de la ville et les soldats ne peuvent patrouiller qu’à l’intérieur de la ville. La situation est donc vraiment critique », a ajouté un autre officier.

Les deux militaires ont demandé à rester anonymes, car ils ne sont pas autorisés à s’exprimer sur la situation.

Vendredi, Kaka Bukar Zanna, l’administrateur politique adjoint du district de Geidam, a déclaré avoir été agressé et blessé à la tête par des soldats alors qu’il s’était aventuré hors de chez lui « pour évaluer la situation ».

Dans un message publié en ligne, accompagné d’une photo montrant une entaille sanglante sur son crâne, M. Zanna a réclamé une enquête approfondie sur cet incident.

Le couvre-feu a plongé les habitants dans la détresse, la plupart n’ayant « que peu ou rien à manger », a raconté Usman Kabir, un habitant.

« La plupart des gens vivent de ce qu’ils gagnent au jour le jour, et le fait de rester chez eux sans nourriture ni autres produits de première nécessité les a placés dans une situation désespérée », a-t-il expliqué.

Geidam, située à 180 km de Damaturu, la capitale de l’État, a déjà été attaquée à plusieurs reprises par l’ISWAP ainsi que par son rival, Boko Haram.

En 2021, l’ISWAP s’est emparé de la ville pendant plusieurs jours, tuant des dizaines de personnes et pillant et incendiant des magasins, ce qui avait poussé les habitants à fuir.

Les jihadistes ont ensuite été repoussés par l’armée mais ont continué à lancer des attaques régulières contre la ville et la base située à sa périphérie.

Source : Afp

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