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Guinée : un activiste porté disparu après son interpellation dans son école, selon sa famille

L’activiste guinéen Bella Bah est porté disparu depuis samedi, a appris l’AFP auprès de son épouse et d’un témoin, qui affirment qu’il aurait été « enlevé » alors qu’il se trouvait dans son établissement scolaire à Conakry.

Samedi après-midi, « un enseignant m’a appelée pour m’informer que mon mari avait été enlevé dans son école », a affirmé Ami Bah dans un post sur Facebook.

« Depuis son enlèvement, j’ignore totalement où il a été emmené. Je suis extrêmement inquiète pour lui. J’ignore ce qu’on lui reproche », a-t-elle ajouté.

Un témoin interrogé par l’AFP a affirmé que M. Bah a été « kidnappé par des hommes en uniforme et encagoulés venus à bord de pickups », et qu’il a été « traîné dehors et embarqué de force ».

Jointe dimanche par l’AFP, Mme Bah a confié n’avoir « aucune nouvelle » de son mari depuis samedi et être « traumatisée ».

Aucune autorité guinéenne n’a répondu aux sollicitations de l’AFP pour confirmer ou infirmer l’interpellation ou l’enlèvement de l’activiste, ni n’a communiqué sur son éventuel lieu de détention.

La disparition de Bella Bah intervient quelques heures après une publication controversée dans laquelle il critiquait le premier imam de la Grande Mosquée Fayçal, Mamadou Saliou Camara.

Face aux réactions suscitées par cette publication, l’activiste avait annoncé l’avoir retirée.

Bella Bah est connu pour ses prises de position critiques sur les réseaux sociaux et pour ses interventions sur des questions politiques et sociales en Guinée.

« La procédure légale aurait voulu qu’il soit convoqué dans les règles afin de se présenter de lui-même à la police ou à la gendarmerie. Mon mari n’a jamais fui ses responsabilités, il se serait présenté sans hésiter. Je sollicite l’aide de Monsieur le Procureur de la République afin de connaître le lieu de détention de mon mari », a exhorté Mme Bah.

Les cas d’enlèvements et de disparitions forcées de voix dissidentes et de leurs proches se sont multipliés ces dernières années en Guinée. Les autorités ont toujours nié être au courant de ces disparitions.

Depuis la prise de pouvoir du général Mamadi Doumbouya – arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2021 avant de se faire élire président du pays fin 2025 – plusieurs partis politiques ont été suspendus, les manifestations sont réprimées et de nombreux dirigeants de l’opposition et de la société civile ont été arrêtés, condamnés ou poussés à l’exil.

Source : Afp

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