
La localité de Tanou (environ 88 km au nord-est de Lomé), a abrité jeudi 13 août 2026 une session de formation sur l’agriculture durable organisée par la Wash and Environmental Media Alliance (WEMA).
WEMA est une association de professionnels des médias intervenant sur les questions liées à l’eau, à l’assainissement et à la protection de l’environnement.
L’initiative a rassemblé plus d’une quarantaine de femmes productrices de légumes, notamment d’adémé et de gboma, issues de cinq coopératives des villages de Tanou et d’Atsou-Kondji.
La rencontre a été consacrée à la sensibilisation et à l’encouragement à l’adoption de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et de la santé humaine. Alors que la culture d’adémé et d’autres légumes constitue la principale activité de ces femmes, l’utilisation excessive d’engrais chimiques représente une menace grandissante pour la fertilité des sols et la qualité des récoltes.

L’objectif principal de WEMA, à travers cette démarche, est de promouvoir l’utilisation d’intrants biologiques afin de réduire l’appauvrissement et la dégradation continue des sols.
Comme l’a souligné le président de l’association, Kiki Tassi, « protéger la santé humaine, c’est veiller à la production et à l’alimentation ».
Selon lui, l’appui de l’Africa Just Transition Network (AJTN) a permis à WEMA d’accompagner les productrices de Tanou dans leur démarche de transition vers des pratiques agricoles moins dépendantes des produits chimiques.
« Avec l’Africa Just Transition Network (AJTN), nous avons pu avoir un appui qui nous a permis d’aider les femmes productrices d’adémé, ici à Tanou, dans la préfecture de Yoto, pour pouvoir leur montrer comment faire la transition juste à leur manière, en se débarrassant de l’utilisation des produits chimiques, des intrants chimiques, et adopter les intrants bio », a-t-il précisé.
Une phase pratique axée sur les engrais à base de champignons
La sensibilisation théorique s’est prolongée par une démonstration concrète sur le terrain. Les participantes ont ainsi pu se familiariser avec l’utilisation d’engrais biologiques fabriqués à base de champignons.
Ces biofertilisants sont présentés comme une solution pour accompagner la transition vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. Ils sont produits par l’Ong AGIDE, dirigée par M. Agbalenyo.
« Nous produisons des engrais bio naturels qui aident à une production bio et sans effets sur la santé. Nous produisons ces engrais avec des champignons qui redonnent vie aux sols. Nous utilisons nous-mêmes nos engrais dans nos champs avant de les mettre sur le marché. Ces engrais sont utilisables aussi bien pour le maraîchage, la culture des céréales que pour les arbres fruitiers. Ils sont à des prix très abordables pour les producteurs agricoles », a confié Prospérine Gbadoé, représentante de l’Ong AGIDE.
À l’issue de la session, un kit complet de maraîchage, comprenant notamment des engrais biologiques, des pesticides biologiques et un pulvérisateur, a été remis aux productrices de Tanou afin de faciliter la mise en pratique des connaissances acquises et d’améliorer à la fois les productions et leur impact sur les consommateurs.

« Ce qu’on nous a démontré nous a beaucoup plu parce que nos sols sont très pauvres et donc nous sommes obligés d’utiliser des engrais chimiques tout le temps. Nous-même, lorsque nous utilisons nos productions, parfois c’est la diarrhée et donc nous nous rendons compte que les engrais chimiques ont des impacts négatifs sur notre santé », a confié Ablam Kounou, président du Comité villageois de développement (CVD) de Tanou. FIN
Chrystelle MENSAH