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Togo : des journalistes s’engagent pour un traitement médiatique « sensible au genre » après une formation à Lomé

Après deux jours de formation à Lomé, consacrée aux droits des femmes et aux techniques de rédaction inclusive , vingt-cinq journalistes togolais, en majorité des femmes, ont réaffirmé leur engagement à promouvoir un traitement médiatique plus « sensible au genre ».

Organisée dans le cadre du projet « Comprendre et défendre les droits des femmes dans les médias au Togo », mis en œuvre par l’Association Ekina et EkinaMag avec l’appui du Fonds Pananetugri, cette formation – tenue jeudi et vendredi – a servi de cadre de renforcement des capacités des professionnels des médias sur les enjeux liés au genre et à la promotion des droits des femmes.

Durant les deux jours de travaux, les participants ont été outillés sur plusieurs thématiques, notamment le cadre juridique national et les instruments internationaux de protection des droits des femmes, tels que le Protocole de Maputo, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF/CEDAW), la Résolution 1325 des Nations unies, ainsi que les Objectifs de développement durable, en particulier l’ODD 5 relatif à l’égalité entre les sexes.

Ils ont également été sensibilisés à la responsabilité des médias dans la promotion de l’égalité de genre, ainsi qu’aux techniques de traitement médiatique sensible au genre et à la production de contenus journalistiques inclusifs.

Pour André Kangni Afanou (formateur), cette initiative vise à combler un déficit de connaissance et d’appropriation des textes relatifs aux droits des femmes dans le secteur médiatique.

« Ce que nous avons fait, c’est de partager avec les journalistes les textes internationaux qui régissent la question des femmes et l’effectivité des droits des femmes. Parmi ces textes, il y a le Protocole de Maputo auquel le Togo a adhéré en 2005. Cela signifie que l’État s’est engagé à intégrer ses dispositions dans le droit interne », a-t-il expliqué.

Les journalistes ont été invités à s’imprégner de ces normes, afin de les intégrer dans leurs productions, en adoptant une approche plus sensible au genre, a-t-il souligné.

« Il y a dans nos lois, dans nos textes, dans nos institutions, des dispositions qui ne sont pas favorables aux femmes, ou mieux, des dispositions qui discriminent les femmes, mais sur lesquelles les journalistes n’attirent pas toujours l’attention dans les reportages qu’ils font. Non pas parce qu’ils ne le veulent pas, mais justement parce qu’il n’y a pas un cadre comme celui-ci pour amener ces journalistes eux-mêmes à prendre conscience de ces réalités-là », a ajouté le formateur.

De son côté, le président de l’Observatoire togolais des médias (OTM), Fabrice Pétchézi, a relevé à l’ouverture des travaux, les défis persistants liés à la représentation des femmes dans les médias et à la prise en compte des textes existants.

Il a estimé que de nombreuses dispositions légales protégeant les femmes restent encore peu exploitées dans les productions journalistiques, en raison notamment d’un manque de formation adaptée.

À la suite de cet atelier, douze journalistes seront sélectionnées sur la base de propositions d’articles pertinents liés à la promotion du genre et des droits des femmes, afin de rejoindre le programme « Ambassadrice-genre dans les médias ».

Ces professionnelles seront chargées de piloter, au sein de leurs rédactions, des plans de production axés sur le genre, en vue de garantir un traitement plus responsable, équitable et juste des informations relatives aux droits des femmes. FIN

Chrystelle MENSAH

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