
La santé mentale était au cœur d’une table ronde animé jeudi 25 juin 2026 au Salon Humanis, qui se tient au Centre togolais des expositions et foires (Togo 2000). Cette table ronde a mis en lumière le lien indissociable entre le bien-être psychologique et physique, tout en alertant sur les dangers du stress et de la sédentarité moderne.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la santé mentale est un état de bien-être permettant de surmonter les tensions de la vie, de s’épanouir et de contribuer à sa communauté. « Il n’y a pas de santé sans santé mentale », ont rappelé les intervenants, insistant pour que le sujet ne soit plus un tabou, mais un « pilier fondamental du bien-être ».
Cependant, dans un monde qui accélère, cette recherche d’équilibre est un véritable défi au Togo. Pour les intervenants, le consensus est clair : il est temps de parler ouvertement de la santé mentale et de la considérer comme un pilier fondamental du bien-être. Cet engagement doit d’abord commencer avec soi-même, puis se prolonger au niveau communautaire et national.
Oser parler et consulter est un acte de courage individuel. Prendre soin de son esprit nécessite parfois de désapprendre certaines croyances. Dans nos sociétés, aller consulter un spécialiste est souvent perçu comme un signe de faiblesse.
Selon Dr Sonia Kanekatoua (psychiatre spécialisée dans les personnes âgées), il faut déconstruire ce tabou.
« Il est important d’investir dans sa santé mentale. Prenez le temps de vous connaître, de vous accepter et de demander de l’aide si nécessaire. Soyez prêt à dépenser pour votre santé mentale », a-t-elle conseillé.
Elle insiste sur le fait qu’il n’y a aucune honte à cela, et qu’il n’existe pas de moment parfait pour consulter.
« Il est utile d’avoir un accompagnement pour passer des étapes importantes de la vie comme la puberté ou le mariage, ou simplement pour affronter le quotidien. Consulter devient essentiel dès qu’une souffrance ou un trouble mental apparaît », a-t-elle ajouté.
Cette force intérieure qui nous aide à surmonter les épreuves – la résilience – ne vient pas d’un don, mais se construit petit à petit, comme l’a rappelé avec empathie, Pr Marcel Kpassagou (psychologue au CHU Campus).
Pour lui, elle découle de la connaissance de soi, de l’acceptation de ses limites et de notre capacité à tendre la main aux autres.
Retrouver le sommeil et le sens de la communauté
Pour préserver notre esprit, des gestes simples et logiques ont été remis en avant.
« Pour maintenir une bonne santé mentale, il faut avoir une hygiène de vie et de sommeil. Le sommeil aide à réparer de nombreuses choses… », a souligné Pr Kpassagou, évoquant les nuits sacrées que l’on sacrifie trop souvent.
Mais l’humain ne peut pas guérir seul, nous sommes des êtres de lien, a rappelé Pr Barma, psychologue clinicienne.
« Être membre d’un groupe ou d’une communauté bienveillante (amis, activités physiques, thérapies de groupe) aide à réduire la souffrance mentale, tant qu’on évite les relations toxiques », a-t-elle dit.
Les experts ont exprimé avec nostalgie et inquiétude, les dérives du progrès technologique.
Autrefois, les messagers parcouraient des kilomètres à pied pour transmettre un message. Aujourd’hui, un simple clic sur un écran suffit. Entre les livraisons à domicile et le temps passé assis devant nos téléphones, nos corps s’éteignent lentement.
« Pour briser cette sédentarité qui pèse sur notre moral, il faut pratiquer au moins 150 minutes d’activité physique modérée chaque semaine. Pour en tirer le maximum de plaisir, on peut le faire en groupe, pour se remonter le moral tout en boostant le cœur », a suggéré Dr Kpata, Directeur de la médecine du sport et du contrôle du dopage.
« Face à un stress devenu inévitable dans nos vies urbaines, il faut un retour à des plaisirs plus authentiques et moins nuisibles. Il faut promouvoir les jeux collectifs et traditionnels (comme le Hampé, les cartes ou les échecs), en opposition à des pratiques modernes risquées pour la santé, comme la consommation de chicha », a-t-il expliqué.
L’avenir du pays dépend de la santé de ses enfants. Et cette santé doit commencer dès le plus jeune âge, en réapprenant aux plus petits, les bienfaits du mouvement, du jeu partagé et de la parole libre, ont estimé les panélistes. FIN
Ambroisine MEMEDE