Libraire passionnée et profondément investie, la jeune Togolaise Yawavi Mbouke insuffle une véritable vie aux livres à travers de multiples initiatives : animations culturelles, expositions thématiques et projets pensés pour valoriser la jeunesse ainsi que la richesse de la littérature francophone.
Installée à Lomé depuis mars 2023, La Librairie du Futur, qu’elle a fondée, se distingue par une offre variée : des livres pour enfants, des bandes dessinées, mais aussi une sélection de livres audio, accessibles aussi bien aux plus jeunes qu’aux adultes. L’Agence Savoir News est allée à la rencontre de cette libraire inspirante, dont l’engagement et la créativité contribuent à redonner toute leur place aux livres dans le quotidien des lecteurs.
Savoir News : Présentez-vous brièvement à nos lecteurs.
Yawavi Mbouke : Je suis Yawavi Mbouke, libraire et promotrice culturelle, directrice de la Librairie du Futur à Lomé. Passionnée par le livre et les dynamiques culturelles, je m’engage activement pour rapprocher les publics de la lecture et faire du livre un véritable outil de transformation sociale.
Qu’est-ce qui vous a motivée à créer la Librairie du Futur ?
La Librairie du Futur est née d’un constat simple : le livre reste encore trop peu accessible et parfois perçu comme distant, surtout par les jeunes. J’ai donc voulu créer un espace qui ne se contente pas d’attendre les lecteurs, mais qui va vers eux.

Notre mission est claire : amener les livres vers les lecteurs, et surtout contribuer à en créer de nouveaux. Cela passe par des actions concrètes sur le terrain, dans les écoles, les communautés et les espaces publics.
Votre librairie ne se limite pas à la vente de livres : vous proposez aussi des animations, expositions et projets. Quelle est votre vision derrière ces initiatives ?
Ma vision est de faire de la librairie un véritable lieu de vie culturelle, mais aussi un acteur engagé hors de ses murs. À travers les rencontres littéraires, tables rondes, ateliers, expositions et festivals, nous créons des passerelles entre le livre et le public.
Ces initiatives nous permettent justement d’aller à la rencontre des lecteurs, mais aussi de susciter l’intérêt de ceux qui ne lisent pas encore. Il y a mille et une activités à faire autour du livre. Le livre devient alors une expérience vivante, accessible et partagée.
Vous accordez une place importante à la jeunesse et à la littérature francophone. Pourquoi ces choix et comment les mettez-vous en valeur concrètement ?
La jeunesse est au cœur de notre mission, car créer de nouveaux lecteurs commence dès le plus jeune âge. Nous voulons éveiller la curiosité, développer l’imaginaire et installer durablement le goût de la lecture.
La littérature francophone, et en particulier africaine, permet aux jeunes de se reconnaître dans les histoires qu’ils lisent. C’est essentiel pour créer un lien fort avec le livre.
Concrètement, cela se traduit par des rencontres scolaires, des clubs de lecture, des ateliers pédagogiques, des interventions hors les murs, ainsi qu’une sélection rigoureuse d’ouvrages adaptés et inspirants.
Selon vous, qu’est-ce qui manque aujourd’hui pour donner davantage envie de lire, notamment aux jeunes Togolais ?
Il manque davantage d’initiatives qui rapprochent concrètement le livre des jeunes. Nous avons besoin de plus de production de livres jeunesse dans lesquels les jeunes se reconnaissent. Une véritable politique nationale du livre. Une mise en application effective de l’accord de Florence par l’Etat rendra les livres disponibles, accessibles à tous et facilitera la diversité.

Le livre n’est pas un produit comme les autres. C’est un outil d’éducation, de formation, de développement. Et à ce titre, il mérite une politique publique forte et une application réelle des engagements pris à l’international.
Il faut aller vers le public, créer des expériences et susciter l’envie. Lire doit devenir un plaisir. Cela passe par les salons du livres, les foires du livres, les festivals du livres, animations, des contenus adaptés, des formats innovants et surtout par la présence d’acteurs engagés qui portent le livre au plus près des communautés.
Si vous deviez imaginer la Librairie du Futur dans 5 ou 10 ans, à quoi ressemblerait-elle ?
Je vois la Librairie du Futur comme un pôle culturel et de diffusion de référence en Afrique de l’Ouest, mais aussi comme une structure encore plus mobile et connectée aux publics.
Une librairie qui continue d’amener les livres partout où se trouvent les lecteurs, et qui contribue activement à en faire émerger de nouveaux. Avec un espace plus vaste et de nouveaux points de distribution, une programmation riche et une forte présence numérique, elle restera fidèle à sa mission : rapprocher durablement le livre des vies. FIN
Propos recueillis par Junior AUREL





