Une trentaine de professionnels des médias ont pris part, ce jeudi 12 février 2026 à Lomé, à un atelier de formation consacré à l’amélioration des conditions de sécurité des journalistes au Togo.
Initiée par la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA), en collaboration avec l’Union des Journalistes Indépendants du Togo (UJIT), la rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « Promouvoir la liberté de la presse et les droits numériques des femmes au Togo », avec l’appui financier de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Ghana.
Pour les organisateurs, il s’agit de répondre aux défis persistants qui entravent la liberté d’expression et l’exercice du métier.
« À travers cette initiative, nous voulons élever les normes professionnelles, renforcer les mécanismes de protection des journalistes et permettre à la presse de jouer pleinement son rôle dans la consolidation de la gouvernance démocratique », a expliqué Eli Goka, secrétaire général de l’UJIT.
Le projet met un accent particulier sur l’autonomisation numérique des femmes journalistes et des acteurs de la société civile, afin de leur donner les compétences nécessaires pour évoluer en toute sécurité dans les espaces en ligne.
« Dans un contexte où les menaces persistent, cet atelier représente une étape décisive pour bâtir un environnement de travail plus sûr et plus résilient », a-t-il ajouté.

Le ministère de la sécurité a salué l’initiative et réaffirmé sa volonté de dialogue avec les professionnels des médias.
« Un journaliste responsable constitue un allié précieux pour les forces de sécurité. À l’inverse, la désinformation peut fragiliser les efforts de stabilisation », a souligné le commissaire divisionnaire Kpatcha Tchendo.
Selon lui, la protection des journalistes est « un impératif démocratique » qui contribue à la cohésion nationale et à la prévention des conflits.
Même son de cloche du côté de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC). Pour Abarim Yao (directeur de cabinet du président de l’institution), « plus le journaliste est en sécurité, plus l’information gagne en qualité ».
Il a estimé qu’une presse protégée constitue un rempart contre les rumeurs et la désinformation, tout en participant à la consolidation de la paix.
De son côté, Diane Badolo (assistante programme à la MFWA), a rappelé les actions déjà menées en faveur des journalistes confrontés au harcèlement et aux dangers liés à leur profession.
« Nous nous réunissons pour renforcer nos compétences numériques, améliorer notre sécurité physique et nous soutenir mutuellement afin de raconter les histoires qui façonnent notre nation », a-t-elle déclaré, invitant les participants à faire de cet atelier un espace d’apprentissage et de solidarité.
A l’ouverture des travaux, la directrice du Centre de Formation et de Recyclage en Communication, Carole Kpeto, a pour sa part mis en lumière les mutations technologiques qui redéfinissent l’exercice du journalisme.
« Il ne peut y avoir de presse libre sans journalistes protégés », a-t-elle affirmé, annonçant que le gouvernement poursuivra les réformes visant à renforcer les mécanismes de protection, la prévention des risques et la sécurité numérique.
Plusieurs thématiques ont rythmé les travaux, notamment le panorama des risques en ligne, l’hygiène numérique, l’éthique et la loi, les protocoles de sécurité ainsi que la coopération entre médias pour un environnement plus sûr.
Basée au Ghana, la Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest œuvre depuis près de trente ans pour la liberté d’expression, l’accès à l’information et la protection des journalistes dans la sous-région. FIN
Bernadette AYIBE