
Le président du Conseil, Faure Gnassingbé, a appelé ce lundi les Togolais à faire de l’indépendance du pays une « responsabilité » tournée vers l’avenir, annonçant à cette occasion ses « cinq convictions essentielles » pour l’avenir du pays.
Ce discours à la nation télévisé du chef de l’exécutif s’inscrit dans le cadre de la célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, commémorée ce 27 avril.
« Il y a 66 ans, le Togo faisait un choix décisif. Le choix de la liberté. Le choix de la souveraineté. Le choix de la dignité. Ce fût un combat porté par des femmes et des hommes déterminés. Un combat pour la maîtrise de leur destin. Un combat pour notre avenir. Aujourd’hui, au-delà du souvenir et de la célébration de ce combat, nous devons aussi nous en inspirer pour regarder devant nous. Car l’indépendance n’est pas un héritage. C’est une responsabilité. Une responsabilité vis-à-vis de notre histoire. Une responsabilité vis-à-vis de notre présent. Et surtout, une responsabilité vis-à-vis de notre avenir », a dit le président du Conseil.
« Dans un monde plus incertain, plus instable, plus exigeant, les défis sont nombreux : sommes-nous capables de faire vivre cette indépendance ? Sommes-nous capables de la renforcer ? Sommes-nous capables de la traduire en progrès concret pour chaque Togolaise et chaque Togolais ? C’est à ces questions que nous devons répondre. Et c’est dans cet esprit que je voudrais partager avec vous cinq convictions essentielles pour notre avenir collectif », a souligné Faure Gnassingbé.
L’INTEGRALITE DU DISCOURS DU PRESIDENT DU CONSEIL
Togolaises, Togolais.
En ce 27 avril, notre Nation se rassemble. Elle se souvient. Elle honore. Elle célèbre. Elle célèbre un moment fondateur. Un moment de courage. Un moment de dignité. L’indépendance du Togo.
Il y a 66 ans, le Togo faisait un choix décisif. Le choix de la liberté. Le choix de la souveraineté. Le choix de la dignité. Ce fût un combat porté par des femmes et des hommes déterminés. Un combat pour la maîtrise de leur destin. Un combat pour notre avenir.
Aujourd’hui, au-delà du souvenir et de la célébration de ce combat, nous devons aussi nous en inspirer pour regarder devant nous. Car l’indépendance n’est pas un héritage. C’est une responsabilité. Une responsabilité vis-à-vis de notre histoire. Une responsabilité vis-à-vis de notre présent. Et surtout, une responsabilité vis-à-vis de notre avenir.
Dans un monde plus incertain, plus instable, plus exigeant, les défis sont nombreux : sommes-nous capables de faire vivre cette indépendance ? Sommes-nous capables de la renforcer ? Sommes-nous capables de la traduire en progrès concret pour chaque Togolaise et chaque Togolais ?
C’est à ces questions que nous devons répondre. Et c’est dans cet esprit que je voudrais partager avec vous cinq convictions essentielles pour notre avenir collectif.

Mon premier message est que l’indépendance n’est pas un acquis. C’est une responsabilité permanente.L’indépendance ne se résume pas à une date. Elle ne se résume pas à un symbole. Elle est une exigence de tous les jours.
Être indépendant aujourd’hui, ce n’est pas seulement être souverain en droit. C’est se donner les moyens d’agir concrètement. C’est être capable de décider par nous-mêmes, de produire par nous-mêmes, de protéger notre pays et notre population, et enfin de maîtriser notre destin collectif.
L’indépendance réelle, elle se mesure. Elle se mesure à la solidité de nos institutions, à la vitalité de notre économie et à la cohésion de notre société. Elle se mesure à notre capacité à faire des choix et à les assumer.
C’est cette indépendance-là que nous devons continuer à construire. Une indépendance concrète. Une indépendance exigeante. Une indépendance responsable. Une indépendance qui ne se proclame pas, mais qui se démontre tous les jours.
Mon deuxième message est que, dans le monde d’aujourd’hui, la souveraineté et la résilience sont des conditions de notre indépendance.Le monde a changé. Il est plus incertain, plus fragmenté et aussi plus dangereux.
Dans notre région, les défis sécuritaires persistent. Au niveau mondial, les tensions se multiplient. Les équilibres se fragilisent. Les financements deviennent plus rares. Dans ce contexte, nous devons être lucides. Nous devons être surtout solides.
La souveraineté n’est plus un principe abstrait. Elle est une nécessité. Elle signifie réduire nos dépendances, sécuriser ce qui est essentiel, être en mesure de faire face aux chocs. La souveraineté ne signifie pas se fermer. Elle ne signifie pas s’isoler. Au contraire. Elle suppose d’être ouverts. Mais d’être ouverts avec lucidité. Elle suppose des partenariats équilibrés, une diplomatie active et un engagement régional fort.
Mon troisième message est que pour célébrer l’indépendance, il faut d’abord répondre aux attentes de la population.
L’indépendance ne prend tout son sens que si elle améliore la vie quotidienne.Les attentes de nos concitoyens sont connues. Elles sont légitimes. Elles concernent l’emploi, en particulier pour les jeunes. Elles concernent l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé, à l’éducation. Elles concernent aussi les conditions de vie et la dignité. Elles concernent aussi l’équité entre les territoires et entre les populations.
Face à ces attentes, la responsabilité de l’État est claire. Apporter des réponses concrètes. Des résultats. Pas des promesses. Des actions visibles. Et c’est dans cet esprit que le Gouvernement agit. Et c’est dans cet esprit que nous préparons aujourd’hui la prochaine étape de notre action collective.
Mon quatrième message concerne cette prochaine étape : pour consolider notre indépendance, nous devons préparer l’avenir.
C’est tout l’enjeu de notre feuille de route pour les 6 prochaines années. Cette feuille de route s’inscrit dans la continuité de nos efforts. Nous avons engagé des réformes. Nous avons obtenu des résultats. Nous avons posé des bases.Nous devons maintenant aller beaucoup plus loin avec plus de discipline, plus de clarté mais plus d’impact. Cette nouvelle étape repose sur trois exigences qui s’imposent à l’action du Gouvernement.
Ces trois exigences, je les ai déjà présentées devant vous, dans mon discours de fin d’année : Protéger, Rassembler, Transformer. Ce ne sont pas des slogans. Ce ne sont pas juste des mots. Ce sont véritablement les principes qui guideront l’action du Gouvernement dans les années à venir. Des principes concrets, des principes opérationnels, des principes qui vont se traduire dans votre vie quotidienne. C’est pourquoi je veux prendre un moment pour revenir sur leur sens.
Protéger c’est d’abord sécuriser les fondations de la République.Protéger notre territoire, c’est garantir la paix et la sécurité. C’est assurer la présence de l’État partout, y compris dans les zones les plus exposées notamment au Nord de notre pays.
Protéger notre population, c’est garantir aussi les conditions d’une vie digne. C’est faire en sorte qu’un village ait accès à l’eau, qu’un quartier ait de l’électricité, qu’une famille puisse se soigner, qu’un enfant puisse aller à l’école.
Protéger notre pays enfin, c’est aussi préparer l’avenir, c’est être capable de faire face aux chocs notamment climatiques, c’est réduire nos dépendances, c’est s’assurer que nous avons les réserves de nourriture, d’eau, d’énergie dont nous avons besoin.
Protéger, c’est donc le socle fondamental sans lequel aucune autre politique publique ne peut tenir.
Rassembler : Rassembler, c’est assurer notre cohésion nationale.C’est rassembler notre territoire et réduire les inégalités entre régions. C’est faire en sorte que le développement soit mieux réparti. C’est donner aux collectivités les moyens d’agir.
Rassembler notre population, c’est ensuite lutter contre la pauvreté et contre les inégalités. C’est permettre à chacun de trouver sa place dans la société.
Rassembler notre pays, c’est aussi renforcer le lien entre l’État et les citoyens, par le dialogue et la transparence. C’est construire la confiance dans des institutions efficaces et dans une justice fiable.
Rassembler, c’est donc garantir l’équilibre.
Transformer enfin, c’est changer durablement notre économie.C’est transformer notre territoire et moderniser notre agriculture. Produire mieux, transformer localement et créer plus de valeur ici pour nos concitoyens.
Transformer, c’est aussi investir dans les bonnes compétences pour notre population. C’est former nos jeunes aux métiers dont notre économie a besoin et faire grandir les talents. C’est faire en sorte que chaque formation mène à un emploi décent et durable dans l’agriculture, dans l’industrie et dans les services.
Transformer notre pays enfin, c’est aussi renforcer nos infrastructures logistiques et notre capacité industrielle. Des routes qui relient nos marchés entre eux, et qui permettent d’acheminer nos productions vers les marchés de nos voisins. Un port performant qui facilite les échanges dans l’ensemble de la sous-région. Des zones industrielles où nos entreprises peuvent investir, produire, se développer. C’est faire en sorte que davantage de richesses soient produites ici, au Togo.
Transformer, c’est donc la dynamique. Protéger. Rassembler. Transformer. Un socle, un équilibre, une dynamique. Ces trois exigences forment un tout au service de notre population, de notre territoire, de notre pays.
Pour finir, mon cinquième et dernier message est que l’avenir du Togo se construira avec tous les Togolais.Une stratégie, aussi bonne soit-elle, ne réussit pas seule. Elle ne réussit que si elle est portée, partagée, appropriée. La Ve République nous engage à changer notre manière de faire. Je souhaite une action publique plus ouverte, plus concertée, plus responsable.
Dans les prochaines semaines, une phase d’échanges sera engagée, avec les institutions, avec le secteur privé, avec la société civile, avec nos partenaires, pour enrichir la réflexion du gouvernement autour de l’élaboration de cette feuille de route. Pour la partager. Pour la parfaire. Pour la faire vivre. Car cette stratégie ne peut réussir que si elle vous appartient à tous.
Mes chers compatriotes,
L’indépendance n’est pas un souvenir. C’est un projet. Un projet exigeant. Un projet collectif. Un projet pour l’avenir. Un projet qui nous oblige aussi mais surtout qui nous rassemble.
C’est ensemble que nous devons continuer à construire un Togo plus souverain, plus résilient, plus juste, et plus prospère.
Que Dieu bénisse notre pays le Togo.
Vive la République.
Vive le Togo.