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Journée mondiale sans tabac : l’ONG Croix Bleue du Togo appelle à une synergie d’actions protectrices face aux tactiques de l’industrie du tabac

L’ONG Croix Bleue Togo, spécialisée dans la lutte contre l’usage des substances psychoactives, était face à la presse ce dimanche 31 mai 2026, pour appeler à une synergie d’actions préventives et protectrices face aux nouvelles tactiques de l’industrie du tabac.

Cette sortie s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale sans tabac, placée cette année sous le thème : « Démasquer l’attrait : lutter contre la dépendance à la nicotine et au tabac« .

Le tabac demeure l’une des causes majeures de maladies évitables et de morts prématurées dans le monde. Il est cité comme un facteur de risque majeur dans l’apparition de maladies non transmissibles (cancers, affections respiratoires, maladies cardiovasculaires). Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 40 % des adolescents (de 13 à 15 ans) consomment du tabac dans de nombreux pays.

Au Togo, les chiffres de l’Enquête Démographique et de Santé (EDST) et de Tobacco Atlas révèlent que 3,1 à 5,9 % de la population en sont utilisateurs. D’où la nécessité de renforcer les actions de prévention, d’information et de plaidoyer en faveur d’un environnement sain, notamment pour les jeunes.

Face à la presse, M. Ayaovi Motchon (Coordonnateur de l’ONG Croix Bleue Togo), Dr Tchonda (Représentante du Comité national anti-drogue, CNAD) et N’takinawé Kondoh (Chargé de Suivi évaluation au Programme national des addictions aux produits psychoactifs, PNAPP), ont tiré la sonnette d’alarme sur les nouveaux pièges qui guettent la jeunesse togolaise.

M. Motchon en bleu

Des méthodes industrielles « subtiles et intelligentes »

Selon le Coordonnateur de la Croix Bleue Togo, les investigations de l’OMS confirment que les réseaux commerciaux de produits psychoactifs ont radicalement changé de méthode pour séduire de nouvelles cibles.

« Les produits du tabac ne se présentent plus comme avant. Les industries passent désormais par des moyens assez intelligents et subtils pour embarquer et enrôler une foule de jeunes dans cette consommation. Il faut donc renforcer la sensibilisation de l’opinion publique sur ces pièges. Les fabricants de tabac et de produits nicotiniques conçoivent délibérément leurs produits pour les rendre plus attrayants, plus faciles à utiliser et plus difficiles à abandonner », a averti M. Motchon.

Pour Dr Tchonda (représentante du CNAD), la prévention demeure notre meilleure arme, face à cette réalité. « Ces industries ciblent plus les jeunes à travers des emballages attractifs, des saveurs séduisantes, une présence accrue sur les plateformes numériques avec des messages qui tendent à banaliser les substances qu’elles vendent », a-t-elle expliqué. Elle a félicité l’ONG Croix Bleue du Togo pour son initiative qui contribue au renforcement de la sensibilisation de l’opinion publique sur ce problème de santé publique majeur.

Armer les jeunes grâce aux « compétences de vie »

« Nous avons compris que les sensibilisations traditionnelles ne donnent plus les résultats escomptés. Il faut maintenant agir directement sur les compétences de ces adolescents et de ces jeunes pour qu’ils puissent se prendre en charge et devenir résilients », a de son côté expliqué le Dossavi Degnide (Facilitateur Life Skills Senior).

Pour M. Degnide (Facilitateur Life Skills Senior), pour « démasquer » ces nouvelles approches de l’industrie, la Croix Bleue Togo déploie un programme axé sur le renforcement des aptitudes psychosociales des jeunes.

L’objectif est de leur donner les outils intellectuels et émotionnels nécessaires pour dire non. Ce programme met l’accent sur plusieurs leviers essentiels : la résistance à la pression des pairs, la force de la réflexion et le doute salutaire, l’estime de soi et l’autonomie de décision, a détaillé M. Degnide.

« Devant tout ce que les médias ou leurs pairs leur présentent comme beau, il faut qu’ils doutent dans un premier temps, qu’ils réfléchissent avant de savoir concrètement quel choix adopter. Les compétences de vie courante sont vraiment essentielles pour mener cette lutte aujourd’hui », a-t-il ajouté. FIN

Ambroisine MEMEDE

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