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Santé mentale en Afrique : Lomé accueille une réunion préparatoire au 7ᵉ Sommet mondial

Lomé accueille, ce mercredi 15 juillet 2026, une réunion technique de trois jours consacrée à la santé mentale en Afrique de l’Ouest et du Centre. Cet atelier interpays s’inscrit dans le cadre des préparatifs du 7ᵉ Sommet ministériel mondial sur la santé mentale, prévu en 2027 au Rwanda.

Les travaux ont été officiellement ouverts par le Dr Kokou Wotobé, Secrétaire général du ministère togolais de la Santé, en présence du Dr Hamadou Nouhou, Représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Togo, et du Pr Balaka, Coordonnateur du Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP).

La rencontre réunit également des experts techniques des ministères de la Santé de plusieurs pays de la région, des points focaux de l’OMS chargés des maladies non transmissibles et de la santé mentale, ainsi que des personnes ayant une expérience vécue des troubles de santé mentale.

Portée par le Bureau régional de l’OMS Afrique, cette rencontre s’articule autour d’un défi majeur : « Accélérer les progrès vers les objectifs 2030 de la Région africaine en matière de santé mentale ».

Un retard préoccupant

Selon l’OMS, malgré l’adoption en 2022 d’un Cadre régional pour renforcer le Plan d’action global 2013-2030, la région accuse un retard préoccupant et n’est actuellement pas en voie d’atteindre ses cibles à l’horizon 2030. Près de 150 millions de personnes vivent avec des troubles mentaux, ou liés à l’usage de produits psychoactifs, et le taux de suicide y est le plus élevé au monde : 11,5 suicides pour 100 000 habitants.

« Ces chiffres ne sont pas des statistiques abstraites, ils représentent des vies, des familles et des communautés entières qui souffrent en silence, souvent faute d’accès à des soins de qualité », a expliqué Dr Nouhou, soulignant que la santé mentale est une question cruciale.

« La santé mentale est bien plus qu’une simple absence de maladie, elle est au cœur même de notre bien-être collectif, un droit humain fondamental qui nous permet de réaliser notre potentiel », a-t-il expliqué le Représentant résident de l’OMS. Il a salué les actions menées par le Togo, qui a fait de la santé mentale « une priorité nationale ».

Dr Kokou Wotobé, qui s’exprimait au nom du ministre de la Santé, a souligné que la santé mentale dépasse le simple cadre sanitaire : « elle est une question de justice sociale, de cohésion et un pilier du développement durable ».

La marginalisation des personnes touchées

« Une personne vivant avec un trouble mental ne doit pas être condamnée à l’invisibilité, à l’errance thérapeutique, à l’exclusion ou au rejet social. Elle a droit à l’écoute, à la prise en charge, à la protection, au respect et à la dignité », a-t-il précisé.

Pour inverser la tendance d’ici 2030, les délégués réunis à Lomé s’appuient sur les priorités du Cadre régional : la gouvernance et le financement de la santé mentale, la décentralisation des soins, la surveillance, la prévention et la lutte contre la stigmatisation.

Le secrétaire général du ministère de la Santé s’est réjoui de l’attention accordée aux plus jeunes : « Protéger la santé mentale des enfants et des adolescents, c’est protéger l’avenir de nos nations ».

De son côté, le Pr Balaka, Coordonnateur du Programme national des addictions aux produits psychoactifs (PNAPP), a souligné l’importance de cette rencontre pour le Togo. Le pays a franchi une étape majeure en 2020 avec la création de ce programme, qui établit un lien étroit entre les problématiques d’addiction et les enjeux de santé mentale.

« Le Togo a fait un bond en matière de santé mentale, et cet atelier nous permettra de renforcer notre gouvernance ainsi que nos capacités de financement en matière de lutte contre la maladie mentale. Le Togo va également accroître sa couverture sanitaire en santé mentale, afin que chaque patient puisse avoir un accès facile à des soins de santé conventionnels », s’est réjoui le Pr Balaka.

Au total, 25 pays prennent part à cet atelier, dont les conclusions serviront de base technique aux discussions politiques et aux engagements financiers attendus des ministres du monde entier lors du 7ᵉ Sommet mondial sur la santé mentale, prévu en 2027 au Rwanda. FIN

Ambroisine MEMEDE

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