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Mali: Série d’enlèvements d’activistes et de politiciens après les attaques des djihadistes du JNIM et les rebelles du FLA

Au Mali, les arrestations et les enlèvements se poursuivent après les attaques coordonnées du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et du Front de Libération de l’Azawad (FLA) dans l’ensemble du pays, le 25 avril.

Après la disparition de l’avocat Mountaga Tall, un partisan de l’imam Mahmoud Dicko a été capturé par des hommes cagoulés.

Le Mali est secoué par une série d’enlèvements inquiétants, exacerbant les tensions déjà palpables dans le pays. Youssouf Daba Diawara, un partisan de l’imam Mahmoud Dicko a été capturé à Bamako par des hommes cagoulés, ce lundi 4 mai.

« Le 2 mai, l’avocat et homme politique Mountaga Tall a été enlevé à son domicile par deux hommes cagoulés et emmené dans un lieu inconnu.

Son épouse a été agressée alors qu’elle tentait de filmer l’enlèvement avec son téléphone portable, qui lui a été confisqué », a indiqué le Haut-Commissariat de l’ONU dans un communiqué.

Ce mardi 5 mai, l’Ordre des avocats du Mali a fermement condamné son enlèvement et exigé sa libération dans un communiqué.

« Trois proches de l’homme politique exilé Oumar Mariko auraient également été enlevés » le 1er mai et « on ignore toujours où ils se trouvent », a aussi relevé le Haut-Commissariat.

Avant lui, l’avocat et homme politique malien, Mountaga Tall, a également disparu dans la nuit du 2 au 3 mai. Les enlèvements suivent un schéma similaire: des hommes cagoulés, à bord de véhicules banalisés, surgissent dans des lieux publics ou privés, armés, pour capturer leurs cibles avant de disparaître. Leurs proches demeurent sans nouvelles d’eux.

« Enlevé à son domicile par deux hommes cagoulés »

Youssouf Daba Diawara, coordinateur de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko (CMAS), avait déjà été arrêté en juillet 2024.

Il était accusé d' »opposition à l’autorité légitime » pour avoir pris part à une manifestation non autorisée. La forte infuence de l’imam Dicko, exilé en Algérie, est redouté par le régime militaire d’Assimi Goïta.

Fin 2025, il rejoint la Coalition des forces pour la République (CFR), qui unit des opposants en exil.

Mountaga Tall, ancien ministre et rare voix critique au Mali, a aussi été enlevé. L’avocat est une figure majeure du monde politique au Mali car il a participé à la révolution qui a marqué la fin de la dictature militaire de Moussa Traoré en 1991. Membre du mouvement politique M5, acteur majeur de la contestation ayant contribué à la chute du régime de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, il avait récemment exhorté les autorités maliennes à organiser des élections et à réduire la durée de la transition politique.

Ces enlèvements surviennent alors que le procureur général de la République a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’implication présumée de personnalités politiques et de militaires dans les attaques coordonnées du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) et du Front de Libération de l’Azawad (FLA) à travers le pays, ce 25 avril.

Vendredi 1er mai, le procureur militaire a annoncé plusieurs arrestations: des militaires, radiés ou en instance de radiation, et certains hommes politiques auraient joué un rôle crucial dans la planification, la coordination et l’exécution des attaques selon le régime militaire.

La situation est tendue dans l’ensemble du pays et s’est aggravée avec le blocus imposé par les djihadistes autour de Bamako, qui engendre de fortes perturbations notamment au niveau des transports.

Dans le nord du Mali, la situation reste complexe avec la présence des forces russes. Bien que ces dernières aient quitté certaines localités comme Kidal et Tessalit, elles demeurent dans la région d’Aguelhok.

Cette présence soulève des questions sur les intentions futures des Russes et de l’armée malienne, notamment sur leur volonté ou non de reprise de contrôle territorial.

Source : TV5 Monde

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