
Les cours du pétrole reculent lundi, après des pourparlers entre Téhéran et Washington qui se sont notamment accordés sur une « feuille de route » commune et une « ligne de communication » pour sécuriser le transit dans le détroit d’Ormuz.
Repli du pétrole, les négociations rassurent
Vers 07H00 GMT, le prix du baril de WTI nord-américain reculait de 0,62% à 75,38 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, perdait 1,79% à 79,13 dollars.
La première séance de négociations en Suisse, qui s’est prolongée dans la nuit entre dimanche et lundi, a connu des tensions lorsque des délégués iraniens ont quitté la table pour protester contre un message de Donald Trump jugé «insultant» qui menaçait de reprendre les frappes américaines.
C’est dans ce climat que les cours du brut avaient ouvert en nette hausse lundi en début d’échanges, le WTI bondissant de plus de 2,50%, avant d’effacer ses gains avec les premières annonces sur l’issue des pourparlers.
Les Etats-Unis et l’Iran se sont en effet entendus sur une « feuille de route » pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février.
Et ils se sont accordés sur une « ligne de communication » pour sécuriser le transit dans le détroit stratégique d’Ormuz où circule d’ordinaire un cinquième du pétrole mondial, ont annoncé lundi les médiateurs des négociations en Suisse.
Il s’agit « d’éviter les incidents et les problèmes de communication, avec l’objectif d’assurer un passage sûr pour les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz », ont expliqué dans un communiqué les médiateurs pakistanais et qatari.
«Les discussions en Suisse visent à résoudre le dossier nucléaire (iranien) et à rouvrir durablement le détroit d’Ormuz. Toutefois, l’avertissement du président Donald Trump a d’emblée exclu tout scénario d’apaisement immédiat», a commenté Stephen Innes, de SPI Asset Management.
«Le marché suggère que la voie vers un accord pourrait être parsemée de davantage d’embûches.».
Bourses soulagées en Asie
Alors que les Bourses européennes ont ouvert proches de l’équilibre, à la Bourse de Tokyo, l’indice-star Nikkei a clôturé en hausse de 1,54% à 72.353,96 points, tandis que l’indice élargi Topix a pris 1,24%.
«Ce week-end, des informations de presse ont indiqué que le gouvernement japonais devrait fixer un objectif d’investissements public-privé de plus de 370.000 milliards de yens (2.292 milliards de dollars) d’ici 2040 » dans des secteurs stratégiques comme l’IA et la construction navale, rappellent les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
«Dans un contexte de stimulation de la demande, les grandes orientations politiques et la stratégie de croissance du Japon devraient de nouveau susciter l’intérêt des marchés», observent-ils.
A Séoul, l’indice Kospi a grimpé de 0,69%. Dans le duo des champions sud-coréens des puces-mémoires -indispensables pour le boom de l’IA-, SK hynix a brièvement détrôné Samsung Electronics en tant que plus grosse capitalisation boursière du pays.
Ailleurs, la Bourse de Sydney a cédé 0,14%, tandis que Taipei a au contraire bondi de 2,75%, dopée par la tech. L’indice hongkongais Hang Seng lâchait 0,34% vers 07H00 GMT.
«Les négociations Iran/Etats-Unis s’annonçaient d’emblée houleuses, et la volatilité persistera sans doute jusqu’à leur conclusion. Toutefois, tant qu’une nouvelle escalade sera évitée, les facteurs économiques intérieurs, plutôt que les fluctuations du cours du pétrole, reprendront le dessus en tant que principal moteur des marchés boursiers», juge Thomas Mathews, de Capital Economics.
Le dollar raffermi
La monnaie américaine se renforçait légèrement face à la devise japonaise (+0,24%) à 161,69 yens pour un dollar vers 07H00 GMT.
Le billet vert conserve ses gains engrangés après la réunion de la Réserve fédérale (Fed), qui a suggéré la semaine dernière qu’un resserrement monétaire pourrait intervenir d’ici à la fin de l’année face à l’accélération de l’inflation.
«Si le dollar continue de se renforcer (…) les devises des marchés émergents seraient probablement de nouveau soumises à des pressions. Le yen japonais pourrait s’affaiblir davantage», avertit Chris Weston, analyste du courtier Pepperstone.
La monnaie japonaise a déjà baissé à son plus bas depuis l’été 2024 et flirte avec des niveaux plus vus depuis environ 40 ans.
«L’or, très sensible aux rendements réels et au dollar, pourrait potentiellement retomber vers le seuil des 4.000 dollars l’once», ajoute M. Weston. Pour l’heure, le métal jaune se ressaisissait, gagnant 1,05% à 4.199 dollars l’once.
Source : Afp