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Forum africain sur les alertes précoces : A Addis-Abeba, les experts appellent à renforcer les systèmes d’alerte pour mieux protéger les populations

Les experts et représentants de gouvernements, d’institutions régionales et de partenaires internationaux, réunis du 2 au 4 septembre 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie, dans le cadre du Forum africain sur les alertes précoces, ont appelé à accélérer l’action en faveur d’une protection universelle des populations contre les risques de catastrophe.

Plus de 400 participants ont pris part à cette rencontre, co-organisée par le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la Commission de l’Union africaine, l’Union internationale des télécommunications (UIT) et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), en collaboration avec le Gouvernement éthiopien.

Le Forum avait pour objectif d’accélérer la mise en œuvre et le renforcement, à grande échelle, de systèmes d’alerte précoce multirisques durables et adaptés aux réalités du continent africain.

Lancée en 2022 par le Secrétaire général des Nations Unies, l’initiative « Alertes précoces pour tous » vise à assurer la protection de chaque personne sur Terre contre les catastrophes liées au climat d’ici la fin de  2027.

Le Forum a identifié cinq actions prioritaires pour accélérer la mise en œuvre de systèmes d’alerte précoce multirisques sur l’ensemble du continent : (i) faire des alertes précoces pour tous une priorité politique mondiale, (ii) combler les lacunes restantes et atteindre les populations les plus vulnérables, y compris dans les pays fragiles, (iii) faire des systèmes d’alerte précoce multirisques un investissement public essentiel, (iv) permettre une action précoce fondée sur les alertes, et (v) faire de la protection universelle une responsabilité partagée et mesurable.

Accélérer l’action et renforcer les financements

Selon Selwyn Hart (sous-secrétaire général et conseiller spécial du secrétaire général pour l’action climatique), le continent est encore loin d’une protection universelle.

« Nous devons accélérer le rythme. Cela signifie placer les personnes et les communautés au cœur de nos actions, mettre fin aux approches et aux financements fragmentés, et bâtir des systèmes durables. Cela signifie aussi que la communauté internationale tienne enfin ses promesses et ses engagements, avec des financements prévisibles et accessibles. Le véritable défi est maintenant de les mettre en œuvre », a-t-il souligné.

Pour Kamal Kishore, Représentant spécial du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe et Chef du Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe, il faut maintenir le cap des alertes précoces multirisques dans nos pays.

« Des progrès réels ont été accomplis, mais nous savons que des investissements supplémentaires sont nécessaires. Nous devons développer les partenariats et garantir un financement international et national durable afin que les systèmes d’alerte précoce puissent protéger toutes les populations, partout en Afrique », a expliqué Kamal Kishore.

De son côté, Celeste Saulo, secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), souligne la nécessité d’aller au-delà de l’échéance de 2027.

« Nous avons besoin d’une forte intégration, combler les lacunes du dernier kilomètre, rendre les alertes plus efficaces pour les plus vulnérables. Notre responsabilité n’est pas simplement d’atteindre un objectif en 2027.  C’est de construire des systèmes d’épreuves d’avance qui continuent de protéger les gens en 2027, au-delà de 2027 et pour les générations à venir ».

Pour Mme Doren, la technologie seule ne suffit pas, il faut préparer la confiance, la compréhension et la capacité d’agir : « Une alerte précoce ne peut sauver des vies, que si elle parvient aux personnes à temps, d’une manière qu’elles comprennent, et qu’elles puissent agir en toute confiance ».

Des progrès, mais des défis persistants

Au cours de ces trois jours, les participants ont analysé les progrès réalisés par le continent, identifié les points forts et mis en évidence les lacunes restant à combler.

Selon les experts, la couverture des systèmes d’alerte précoce multirisques en Afrique, est passée de 14 pays en 2015, à un total de 41 pays recensés en 2026. L’étendue de ces systèmes a plus que doublé depuis 2022.

Ils ont déploré les risques climatiques et catastrophes naturelles, qui continuent de croître en fréquence et en complexité sur tout le continent malgré les progrès réalisés : « Au moins 13 millions de personnes ont été touchées par les phénomènes météorologiques extrêmes et plus de 3 000 décès ont été signalés sur le continent, rien qu’en 2025 », ont-ils recensé, relevant d’importantes lacunes en matière d’infrastructures, de communication du dernier kilomètre et de financement durable.

Ils ont par ailleurs rappelé que les fortes conditions El Niño prévues pour 2026-2027 pourraient engendrer de nouveaux extrêmes, notamment une augmentation des précipitations dans certaines régions du continent et une sécheresse accrue dans d’autres.

Dans ce contexte, les systèmes d’alerte précoce multirisques demeurent, selon eux, l’un des moyens les plus éprouvés et les plus rentables pour protéger les vies humaines, les moyens de subsistance, les services essentiels et les infrastructures critiques. FIN

Ambroisine MEMEDE

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