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Contraception : faut-il encore avoir peur des effets secondaires ? (REPORTAGE)

Dr M’bortche Bingo K.

La contraception désigne l’ensemble des méthodes naturelles ou modernes mises à la disposition d’un individu ou d’un couple afin d’éviter, de manière temporaire ou définitive, la survenue d’une grossesse. Utilisées dans le monde entier pour la planification familiale et l’espacement des naissances, ces méthodes continuent pourtant de susciter des interrogations et des inquiétudes au sein de nombreuses communautés.

La crainte des effets secondaires constitue notamment l’une des principales raisons de réticence chez certaines femmes à l’égard de la contraception. Risques supposés de stérilité, cancers, troubles menstruels ou encore prise de poids figurent parmi les préoccupations les plus fréquemment évoquées. Pourtant, selon les professionnels de santé, une grande partie de ces inquiétudes repose sur des idées reçues ou sur une information insuffisante.

Interrogé sur les méthodes contraceptives, le Dr M’bortche Bingo K., responsable médical à l’Association Togolaise pour le Bien-Être Familial (ATBEF), rappelle que les contraceptifs font l’objet de nombreuses évaluations avant leur mise sur le marché.

« Il existe plusieurs méthodes contraceptives. Avant leur mise sur le marché, ces méthodes passent par une série d’étapes d’évaluation. Elles n’ont pas de conséquences graves sur la santé des personnes qui les utilisent, hormis quelques effets indésirables qui restent généralement minimes et disparaissent avec le temps. Il ne devrait donc pas y avoir de crainte particulière à utiliser les méthodes contraceptives », explique-t-il.

La crainte de voir sa fertilité affectée figure parmi les principales inquiétudes liées à l’utilisation des méthodes contraceptives. Une idée que le spécialiste tient toutefois à relativiser.

« Il existe des méthodes contraceptives permanentes et des méthodes réversibles. Les premières, comme la ligature des trompes chez la femme et la vasectomie chez l’homme, sont irréversibles. En revanche, les méthodes réversibles, qui sont les plus utilisées, n’entraînent pas d’infertilité après leur arrêt. Les méthodes modernes, à l’exception de celles qui sont irréversibles, ne provoquent pas de stérilité chez les femmes ou les hommes », rassure le Dr M’bortche Bingo K.

Effets secondaires : des réalités différentes selon les méthodes

Les effets secondaires liés à la contraception varient selon la méthode choisie et selon les personnes. Le Dr M’bortche Bingo K. rappelle qu’il existe plusieurs catégories de méthodes contraceptives : naturelles, barrières, mécaniques, hormonales et permanentes.

« Les méthodes permanentes, comme la ligature des trompes chez la femme et la vasectomie chez l’homme, sont irréversibles et nécessitent une intervention chirurgicale. Après cette procédure, la personne concernée ne pourra plus avoir d’enfants », explique-t-il.

Parmi les méthodes barrières figurent notamment les préservatifs masculin et féminin. Le diaphragme et le cap cervical font également partie de cette catégorie, même s’ils sont moins utilisés dans le contexte local. Ces méthodes empêchent le contact entre les spermatozoïdes et l’ovule et présentent généralement peu d’effets secondaires importants, même si certaines personnes peuvent ressentir des gênes ou des réactions particulières.

Le spécialiste évoque également le dispositif intra-utérin (DIU), une méthode mécanique placée dans l’utérus de la femme. Après sa pose, certaines utilisatrices peuvent ressentir des douleurs, observer des règles plus abondantes ou des saignements en dehors des périodes menstruelles. Ces manifestations sont généralement liées à la période d’adaptation de l’organisme à cette méthode.

Des expériences différentes selon les utilisatrices

« Les méthodes hormonales regroupent notamment les pilules contraceptives, les implants et les contraceptifs injectables. Comme elles agissent grâce à des hormones, leurs effets peuvent varier d’une femme à l’autre. Parmi les effets secondaires les plus fréquemment observés figurent les nausées, les maux de tête, la prise de poids, l’absence de règles ou encore de petits saignements irréguliers appelés spotting. Toutefois, toutes les femmes ne présentent pas les mêmes réactions. Certaines ne ressentent aucun effet secondaire, tandis que d’autres peuvent en manifester plusieurs. Les méthodes naturelles, quant à elles, reposent sur l’observation du cycle menstruel et n’impliquent ni médicament ni dispositif introduit dans l’organisme. Elles ne provoquent donc généralement pas d’effets secondaires. De manière générale, les réactions aux méthodes contraceptives varient selon les individus », précise le Dr M’bortche Bingo K.

Certaines utilisatrices rapportent des effets indésirables, tandis que d’autres se déclarent satisfaites de leur expérience contraceptive.

« Quand j’ai utilisé un implant, tout se passait bien au début. Mais progressivement, j’ai commencé à prendre du poids et à ressentir certains malaises. J’avais parfois des douleurs dans tout le corps, des sensations de brûlure et des maux de tête fréquents », témoigne Adjo.

À l’inverse, Elodie garde un souvenir positif de son expérience avec la contraception.

« J’ai utilisé le stérilet en cuivre et cette méthode m’a beaucoup aidée. Elle m’a permis d’espacer la naissance de mon premier fils et celle de ma fille. Mon expérience a été globalement positive. Je ne ressentais pas de gêne particulière et mes règles survenaient normalement. Je n’ai pas constaté d’effets secondaires majeurs. Toutefois, il m’arrivait parfois d’avoir de fortes douleurs au bas-ventre pendant mes menstruations et des saignements plus abondants. Ces désagréments ont fini par s’atténuer avec le temps », confie-t-elle.

L’information, clé pour lever les inquiétudes

Selon le Dr M’bortche Bingo K., les craintes liées aux contraceptifs sont souvent alimentées par les rumeurs et les idées reçues qui circulent au sein des communautés.

« Les effets secondaires sont parfois amplifiés par les témoignages de certaines utilisatrices. Une femme qui ressent des maux de tête ou un autre désagrément peut partager son expérience avec son entourage, et ces récits peuvent parfois susciter des inquiétudes chez d’autres femmes. Lorsqu’une utilisatrice rencontre des effets secondaires gênants, elle doit retourner dans une structure de santé afin de bénéficier d’un accompagnement adapté. Dans certains cas, un changement de méthode peut être envisagé », explique-t-il.

Le spécialiste souligne également que l’accès aux services de planification familiale demeure un défi dans certaines localités. Le manque d’information, l’éloignement des structures de santé et parfois le coût des méthodes constituent encore des obstacles à l’utilisation de la contraception.

Pour lui, renforcer les campagnes de sensibilisation et rapprocher les services des populations restent des leviers importants. Le développement des cliniques mobiles pourrait notamment faciliter l’accès aux services de planification familiale dans les zones éloignées.

« Le principal message est de ne pas avoir peur des méthodes contraceptives. Lorsqu’un couple n’est pas prêt à accueillir une grossesse, il est recommandé d’utiliser une méthode adaptée afin d’éviter les grossesses non désirées. Les hommes doivent également s’impliquer davantage, car le soutien du partenaire est important dans le choix et l’utilisation d’une méthode contraceptive », recommande le responsable médical de l’ATBEF. FIN

Rolande Solim ARE

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