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Au Cameroun, le pape appelle les autorités à «un examen de conscience»

Droits de l’Homme, lutte contre la corruption et les abus de pouvoir: le pape Léon XIV a envoyé mercredi un puissant message politique aux autorités du Cameroun, les invitant à un « examen de conscience » au premier jour de sa visite dans le pays.

Accueilli dans la liesse populaire dans la capitale Yaoundé, le pape américain a délivré un premier discours d’une rare fermeté devant les autorités du pays dont le président Paul Biya, 93 ans, qui le dirige d’une main de fer depuis 1982.

«La sécurité est une priorité, mais elle doit toujours s’exercer dans le respect des droits de l’Homme», a lancé le souverain pontife alors que la réélection contestée de Paul Biya en octobre a été suivie de manifestations réprimées dans le sang.

«L’autorité publique est appelée à être un pont, et jamais un facteur de division, même là où l’insécurité semble régner», a-t-il ajouté.

Mardi, plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé «une phase de répression sans précédent» depuis l’élection présidentielle d’octobre, exigeant la libération des prisonniers politiques, dont certains sont détenus hors de tout cadre légal.

Parmi les quelque 2.782 détenus recensés par ces organisations, 2.630 le sont sans jugement, a confirmé mercredi à l’AFP Hervé Nzouabet Kweto, responsable de l’ONG Source de vie, signataire de cette déclaration.

Léon XIV a invité les autorités à «oser faire un examen de conscience et un saut qualitatif courageux».

«Pour que la paix et la justice s’affirment, il faut en effet briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité en la vidant de sa crédibilité», a ajouté le pape, invitant son auditoire à adopter une «conduite de vie intègre».

Le Cameroun classé 142e place sur 182 selon l’indice de corruption 2025 de l’ONG Transparency International, reste confronté à une forte corruption qui alimente les critiques de l’opposition et des organisations internationales.

Ces dernières années, Paul Biya a multiplié les séjours privés à l’étranger, dédiés à des soins ou des villégiatures dans un très luxueux hôtel de Genève, où l’opposition l’accuse de dépenser des fortunes d’argent public avec sa cour.

Pour le chef de l’Eglise catholique, la société civile, dont les ONG humanitaires et les syndicats, est appelée à jouer un rôle central pour la « paix sociale » dans le pays d’environ 30 millions d’habitants.

Il a notamment souligné le rôle des « jeunes » pour « façonner, y compris sur le plan politique, un monde plus juste », et celui des femmes, « un frein à la corruption et aux abus de pouvoir ».

Robert Francis Prevost a également appelé à « rejeter la logique de la violence et de la guerre » face aux « situations dramatiques » dans le nord-ouest anglophone du pays, déchiré depuis près d’une décennie par un conflit sanglant entre forces gouvernementales et groupes séparatistes.

Source : Afp

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