
Robert Dussey
Le Togo a lancé un appel international à candidatures en vue de traduire la carte du monde en langues africaines, dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution « Corriger la carte » (#CorrectTheMap), portée par le pays au nom du Groupe des États africains, avec le soutien de l’Union africaine, et adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 4 septembre 2026.
La résolution a été adoptée par 164 voix pour, une contre et six abstentions. Portée par le Togo, elle vise à promouvoir des représentations cartographiques plus fidèles aux superficies réelles des continents, notamment celle de l’Afrique.
Le texte encourage notamment l’utilisation de projections dites à surfaces égales, dont Equal Earth, dans les domaines éducatif, institutionnel, socio-économique et médiatique, lorsque la fidélité des superficies est essentielle.
La traduction de la carte du monde en langues africaines constitue une nouvelle étape de cette initiative. Elle vise à rendre les connaissances géographiques plus accessibles aux populations dans leurs propres langues.
Le travail attendu comprend la traduction des noms des continents, des océans, des pays, des capitales et des grandes régions géographiques, ainsi que l’adaptation du titre et de la légende de la carte en projection Equal Earth. Les traducteurs devront également rédiger une courte notice explicative et établir un glossaire justifiant leurs choix terminologiques et orthographiques.
« L’Afrique doit se raconter dans ses propres langues. Une Afrique qui parle dans ses propres langues est une Afrique qui transmet son histoire, affirme son identité et prépare son avenir », a souligné Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères.
« Du swahili au wolof, du yoruba au haoussa, de l’amharique au lingala, du bambara à l’éwé, du Kabyé au dioula, en passant par le Sango, le Fon et toutes les autres langues de notre continent, faisons de cette carte un outil de connaissance, de vérité, d’équité, de dignité, d’éducation et de fierté collective », a-t-il ajouté.
L’appel international à candidatures s’adresse aux traducteurs professionnels, linguistes, enseignants, chercheurs, universités, associations culturelles et autres personnes disposant de compétences reconnues dans une ou plusieurs langues africaines. Les candidatures individuelles et collectives sont acceptées.
Les langues ciblées comprennent notamment l’éwé, le kabyè, le kotokoli, le haoussa, le yoruba, l’igbo, l’amharique, l’oromo, le wolof, le fulfulde, le lingala, le zoulou, le malgache, le bambara et le somali.
La liste reste ouverte à toutes les autres langues africaines, y compris celles parlées dans les communautés de la diaspora. Une version en kiswahili est déjà en cours.
Les versions traduites seront publiées sous licence ouverte et mises gratuitement à la disposition des écoles, des administrations, des médias et des plateformes numériques.
Selon le ministère des Affaires étrangères, cette démarche entend favoriser l’apprentissage et la diffusion des connaissances géographiques dans les langues utilisées par les populations africaines.
Les contributeurs retenus bénéficieront d’une rémunération forfaitaire, d’une attestation officielle du ministère, de la mention de leur nom sur chaque carte publiée ainsi que d’une invitation à la cérémonie officielle de présentation.
Les candidatures doivent être soumises exclusivement par voie électronique au plus tard le 30 décembre 2026. Les dossiers doivent comprendre une lettre de motivation, les curriculums vitae des traducteurs et relecteurs, ainsi que des références et des preuves d’expérience.
Les résultats de la sélection sont prévus pour le 15 janvier 2027, tandis que le dépôt des travaux est attendu pour fin février 2027. La présentation publique des cartes traduites est annoncée pour le second semestre 2027.
Par ailleurs, le Togo a obtenu l’appui scientifique et technique des trois concepteurs de la projection cartographique Equal Earth pour la mise en œuvre de la résolution « Corriger la carte ».
Tom Patterson, Bernhard Jenny et Bojan Šavrič, les trois cartographes à l’origine de cette projection, ont confirmé leur engagement lors d’une réunion virtuelle tenue le 20 septembre 2026 avec le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey.
Leur coopération portera notamment sur l’appui scientifique aux États souhaitant adopter des projections cartographiques à surfaces égales, ainsi que sur l’élaboration de cartes libres d’utilisation.
Pour rappel, l’Union africaine a salué le « leadership du Togo et l’engagement » du président du Conseil, Faure Gnassingbé, dans l’adoption de cette résolution des Nations unies. FIN
Chrystelle MENSAH