
Le président congolais Félix Tshisekedi a ouvert la porte à un éventuel troisième mandat à l’issue d’un référendum constitutionnel et à un report de l’élection présidentielle prévue en 2028 en RDC, lors d’une conférence de presse à Kinshasa mercredi.
Au pouvoir depuis 2019, Félix Tshisekedi, 62 ans, arrivera au terme de son second mandat de cinq ans en 2028. La Constitution congolaise place la limite à deux mandats présidentiels.
« Je n’ai pas sollicité de troisième mandat, mais je vous le dis: si le peuple souhaite que j’ai un troisième mandat, j’accepterai », a déclaré le chef de l’Etat élu en 2018 puis réélu en 2023.
« Pour moi, si changement, révision ou tout ce qu’il y a doit se faire, ce ne sera jamais sans consulter la population, le peuple congolais, c’est-à-dire par référendum », a-t-il précisé.
Le président s’est également exprimé sur un éventuel report de l’élection présidentielle, prévue en 2028, alors que le groupe armé M23 soutenu par le Rwanda s’est emparé de vastes pans de territoires dans les provinces orientales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
« Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028 », a affirmé M. Tshisekedi.
« On ne va pas les organiser sans » le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, deux provinces parmi les plus riches et les plus peuplées du pays, a-t-il ajouté.
« Mais ce ne sera pas parce que j’ai refusé de les organiser », a-t-il souligné.
Selon lui, la « guerre nous a été imposée » par le Rwanda voisin, dont les forces armées ont été sanctionnées par les Etats-Unis début mars pour leur soutien au M23 et leur présence dans l’est de la RDC.
En RDC, toute modification constitutionnelle doit être approuvée par référendum sur convocation du président, sauf si le projet est approuvé à la majorité des trois cinquièmes par le parlement. L’Union sacrée, alliance de partis rassemblés dans la majorité présidentielle, y détient une écrasante majorité.
L’opposition, affaiblie par des défaites électorales successives, accuse depuis 2024 le président congolais Félix Tshisekedi de manœuvres pour rester au pouvoir, estimant que toute tentative de modifier la constitution équivaudrait à un « coup d’État constitutionnel ».
Source : Afp