Pour la deuxième année consécutive, la France est le deuxième pays le plus ciblé par les opérations de manipulation de l’information étrangère (FIMI) en 2025. C’est ce qu’affiche le 4e rapport du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) sur les manipulations et ingérences informationnelles étrangères (Foreign Information Manipulation and Interference- FIMI) (2025).
Le SEAE est un organisme de l’Union européenne chargé de garantir l’intégrité et la sécurité de l’information à l’échelle mondiale, notamment en luttant contre les ingérences étrangères visant à la manipuler.
Les FIMI désignent des actions coordonnées et intentionnelles, menées par des acteurs étatiques ou non étatiques, visant à porter atteinte aux valeurs, aux procédures et aux processus politiques.
Le rapport du SEAE confirme une accélération et une transformation profonde des menaces de manipulation de l’information (FIMI).
En 2025, 540 opérations ont été détectées à l’échelle mondiale, mobilisant 10.500 comptes et sites et générant 43.000 contenus, avec une portée désormais globale et systémique (contre 505 en 2024).
L’Ukraine demeure la principale cible avec 112 incidents, suivie de la France avec 107 incidents, ce qui en fait le deuxième pays le plus ciblé au monde. La Moldavie (94), l’Allemagne (71), les États-Unis (51) et le Royaume-Uni (36) figurent également parmi les principales cibles. Au total, près de 200 organisations et environ 140 personnalités ont été visées.
Stratégies de guerre hybride
Ces opérations, majoritairement attribuées à la Russie et à la Chine, s’inscrivent pleinement dans des stratégies de guerre hybride, visant en priorité les processus électoraux, les institutions démocratiques et la cohésion des sociétés occidentales, précise le rapport.
La Russie reste l’acteur principal, responsable de 29% des incidents attribués, en intégrant pleinement les FIMI à sa stratégie hybride. La Chine, avec 6% des incidents, développe une approche plus discrète combinant influence et suppression de l’information.
L’intégration massive de l’intelligence artificielle (27% des cas, +259%) marque une rupture, permettant une production industrielle de contenus et une diffusion à grande échelle, au service d’une logique de saturation informationnelle et de déstabilisation cognitive.
Face à cette montée en puissance, le rapport marque un tournant en appelant à passer d’une logique d’analyse à une stratégie de dissuasion active, visant à augmenter les coûts, réduire les capacités et perturber les chaînes de valeur des acteurs malveillants.
Face à cette situation, la France s’est dotée d’une stratégie de riposte globale, articulée autour de plusieurs leviers : la dénonciation publique, l’influence, la sanction des acteurs de la FIMI, la régulation européenne des plateformes et la coordination interministérielle.
Cette approche s’illustre notamment à travers l’initiative French Response 2, qui a franchi, le 18 mars, le seuil des 200.000 abonnés, témoignant de la capacité de la France à structurer une réponse offensive et crédible dans le champ informationnel. FIN
Edem Etonam EKUE





