
Le ministre français de l’Education nationale, Edouard Geffray, a affirmé que 96% des lycées avaient ouvert mercredi sans « aucune perturbation recensée » dans les trois quarts des départements, au lendemain d’une cinquième journée de mobilisation.
« Il devrait y avoir un peu moins de 200 lycées fermés », sur 3 700, a-t-il détaillé sur BFM-TV, « soit près de 4 % des établissements qui sont encore fermés ».
Le ministère ne communique plus sur les lycées perturbés. Mardi, les manifestants étaient entre 161.500 (selon l’Intérieur) et 480.000 (selon l’intersyndicale de la jeunesse) dans toute la France, après une précédente mobilisation comptant entre 266.000 à 450.000 personnes mardi dernier.
Edouard Geffray a de nouveau promis mardi d’apporter « des réponses » aux lycéens, après avoir reçu déjà plus de 90.000 contributions sur la plateforme de concertation en ligne dédiée, où tout un chacun, même sans être lycéen, peut participer.
Quelque 70% des contributions reçues critiquent les « horaires, temps scolaires, temps de cantine trop courts » ; 60% « parlent des conditions matérielles » (bâti vétuste, rénovation thermique, matériel dégradé…), « 25 à 30% » évoquent les absences de professeurs non remplacées, 20% se plaignent de Parcoursup et d’autres évoquent, plus marginalement, le climat scolaire ou l’interdiction du téléphone portable, a-t-il détaillé.
« Plus d’un tiers » des 3.000 professeurs titulaires remplaçants appelés en urgence ont été affectés, a-t-il assuré. La semaine dernière, « 114 lycées » figuraient sur une liste « rouge » recensant les plus importantes difficultés. Mardi soir, « il n’en restait plus que 50 ».
« Des centaines de contractuels » seront recrutés dans les prochains jours, et 920 l’ont été la semaine dernière, dont 90 sur des « disciplines rares », a-t-il dit.
Alors que plusieurs enseignants titulaires remplaçants ont raconté dans les médias avoir été appelés pour donner cours dans une discipline qui n’était pas la leur, le ministre a affirmé qu’il s’agissait d' »erreurs matérielles » de la part des personnels chargés des ressources humaines dans des rectorats.
« On ne peut jamais enseigner autre chose que la discipline pour laquelle on a été recruté (…) Il peut y avoir parfois des erreurs matérielles, notamment quand vous avez une action comme ça, très rapide, qui fait que, la personne qui affecte les agents se trompe », a-t-il justifié.
Concernant les rythmes scolaires, il a prévu « d’instruire les choses pour que le prochain (gouvernement) », après l’élection présidentielle, « puisse prendre des décisions ».
« Je ne vais pas changer de bac à six mois d’une présidentielle », ce serait « de la folie », a-t-il redit, alors que la réforme du lycée de 2018, supprimant les filières L, ES, S, a complexifié les emplois du temps.
Concernant d’éventuelles modifications de Parcoursup, beaucoup de choses sont « sur la table », y compris la possibilité d’alléger la pression avant la classe de terminale, a-t-il dit.
Il a enfin réclamé des sanctions contre la section LFI de Suresnes, qui a publié puis retiré une publication qui « vouait à la vindicte générale en ligne un proviseur », avec « son portrait », a-t-il dit. A ce jour, « 148 personnels de l’éducation nationale ont été blessés dans le cadre de ce mouvement ».
Source : Afp