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Les rebelles veulent conquérir les villes du Nord et prédisent la chute de la junte

Les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont annoncé mercredi leur intention de conquérir les grandes villes du Nord du Mali et prédisent que la junte au pouvoir «va tomber» face à l’offensive lancée samedi de leur rébellion alliée aux djihadistes du JNIM. 

Ces déclarations à l’AFP du porte-parole du FLA Mohamed Elmaouloud Ramadane sont une réponse directe à la prise de parole mardi soir du chef de la junte malienne Assimi Goïta, qui, réapparaissant après trois jours de silence, a assuré que la situation sécuritaire dans le pays était «maîtrisée».

Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique et est en proie à l’incertitude après les attaques coordonnées et simultanées à travers le pays ayant visé des positions stratégiques de la junte au pouvoir, et qui ont coûté la vie au ministre de la Défense et à au moins 23 morts civils et militaires. 

Ces attaques ont été lancées samedi par des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) et la rébellion du FLA, concrétisation spectaculaire de leur alliance inédite scellée il y a un an avec des intérêts divergents mais face à un ennemi commun : la junte au pouvoir depuis 2020 et ses paramilitaires russes. 

«Nous avons déjà libéré Kidal, Taoudénit était déjà sous notre contrôle, Gao, Tombouctou et Menaka aussi seront nos prochains objectifs à libérer», a déclaré mercredi Mohamed Elmaouloud Ramadane, de passage à Paris, dans un entretien à l’AFP. 

«Le régime va tomber, tôt ou tard. Il va tomber, ils n’ont pas de solution pour se maintenir au pouvoir […] Face à l’offensive du FLA pour récupérer le territoire de l’Azawad (nord du Mali, NDLR) d’un côté, et l’offensive des autres (les djihadistes du JNIM, NDLR) sur Bamako et d’autres villes, ils ne pourront pas tenir», a affirmé M. Ramadane.

«Que la Russie se retire»

Peuple historiquement nomade, alliés aux Peuls et aux Arabes au sein du FLA, et répartis entre plusieurs États – Mali, Niger, Algérie, Libye et Burkina Faso -, les Touareg mènent depuis des décennies des luttes armées contre leur «marginalisation», en particulier autour de la ville clef de Kidal. 

L’Azawad, tel que revendiqué par le FLA, désigne un vaste territoire situé dans le nord, correspondant aux régions administratives de Kidal, Gao, Ménaka et Tombouctou, auxquelles s’ajoutent des parties de Mopti dans le centre du pays.

Selon le porte-parole du FLA, « la situation est loin d’être sous contrôle » de la junte au Mali, comme l’a revendiqué mardi soir son chef Assimi Goïta. Ce dernier a toutefois reconnu une situation d’« extrême gravité » et appelé la population à un « sursaut national » et à « s’ériger contre la division et la fracture nationale ».

Le porte-parole de la rébellion a en outre affirmé mercredi que les Russes doivent se retirer de « tout le Mali ».

« Notre objectif est que la Russie se retire définitivement de l’Azawad (nord du Mali, NDLR) et au-delà, de tout le Mali », a déclaré M. Ramadane, en affirmant que « toutes les confrontations que nous avons eues avec les Russes, nous les avons gagnées ».

La junte malienne s’est rapprochée politiquement et militairement de la Russie ces dernières années après avoir chassé les militaires français en 2022. L’Africa Corps – des paramilitaires envoyés en appui de la junte – a dû se retirer de Kidal, dont les groupes armés se sont emparés le weekend dernier.

Sans précédent

Cette situation au Mali depuis samedi est sans précédent depuis près de 15 ans et les évènements de mars 2012.

À l’époque, des rebelles indépendantistes touareg, vite évincés par leurs alliés islamistes associés à Al-Qaïda au Maghreb islamique, avaient pris le contrôle de Kidal, Gao puis Tombouctou.

Le nord du pays avait par la suite été libéré de l’occupation djihadiste en janvier 2013 après l’intervention de l’armée française.

Depuis ce week-end, Kidal est repassée sous contrôle rebelle, un camouflet pour la junte et ses alliés paramilitaires russes d’Africa Corps.

Kidal a été sous la coupe de groupes rebelles pendant plusieurs décennies avant de revenir dans le giron de l’État malien en novembre 2023, à la faveur d’une offensive de l’armée appuyée par des combattants du groupe paramilitaire russe Wagner (devenu Africa Corps).

Dans la région de Gao (Nord), l’armée malienne a déjà abandonné certaines de ses positions, ont indiqué mardi à l’AFP des sources locales. 

Gao est la deuxième région militaire du Mali après la ville-garnison de Kati, fief de la junte situé près de Bamako et qui a été le théâtre de violents combats, samedi et dimanche, entre l’armée et les groupes armés.

Source : Afp

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