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Université de Lomé : un hommage au Pr Koffi-Sa Bedja et à son héritage scientifique

Pr Koffi-Sa Bedja

Le professeur Koffi-Sa Bedja, ancien directeur de l’École nationale supérieure d’ingénieurs (ENSI), devenue l’École nationale polytechnique (ENP), a été honoré vendredi 16 octobre 2026 à l’Université de Lomé, lors d’une conférence publique consacrée à son héritage scientifique, à sa contribution à la formation des ingénieurs au Togo et aux défis de la relève universitaire.

Organisée par l’Association des professionnels diplômés de l’ENSI, en collaboration avec l’Université de Lomé et l’ENP, la rencontre a réuni des universitaires, d’anciens collaborateurs, des professionnels et des étudiants autour du thème : «L’héritage académique du professeur Bedja Koffi-Sa et l’avenir de la formation des ingénieurs au Togo».

Les échanges ont mis en lumière le parcours de cet enseignant-chercheur, son engagement dans l’enseignement supérieur et son rôle dans le développement de la formation des ingénieurs.

Ses anciens collaborateurs ont notamment salué sa rigueur, son sens de la justice et son attachement à l’honnêteté, des valeurs qui ont marqué son parcours professionnel.

Professeur titulaire en génie électrique à l’Université de Lomé, Koffi-Sa Bedja a consacré plusieurs décennies à l’enseignement et à la recherche. Sa thèse de doctorat d’État, soutenue en décembre 1998, portait sur la sécurité des installations électriques et l’amélioration des prises de terre en zones tropicales. Ses travaux ont également abordé les énergies renouvelables, la modélisation du vent, l’optimisation des aérogénérateurs et les réseaux électriques.

Le 18 janvier 1999, il a participé à la création de l’Équipe de recherches en science de l’ingénieur (ERSI), qu’il a ensuite dirigée. Cette initiative a notamment contribué au développement de la formation doctorale en sciences de l’ingénieur, permettant à de nombreux professionnels de poursuivre leur parcours académique.

À la tête de l’ENSI de 1992 à 2009, le Pr Koffi-Sa Bedja a également œuvré au développement de l’établissement et au renforcement de sa crédibilité.

Les témoignages ont mis en avant son exigence scientifique, les partenariats noués sous sa direction et sa contribution à la formation de plusieurs générations d’ingénieurs aujourd’hui actifs au Togo et à l’étranger.

Les intervenants ont par ailleurs évoqué les performances des premières promotions de l’école, dont certains diplômés ont poursuivi leur formation dans des universités technologiques en France. Leur parcours a contribué à asseoir la réputation de l’établissement et à illustrer les possibilités offertes par une formation exigeante en sciences de l’ingénieur.

La conférence a également permis de revenir sur les différentes étapes de la carrière du Pr Bedja et sur les difficultés relationnelles qui ont pu la jalonner.

Ancien professeur de l’ENSI, Sonnou Tiem a rappelé qu’un parcours humain n’est pas exempt d’imperfections. Il a souligné que certaines convictions, même défendues avec détermination, peuvent entraîner des incompréhensions et laisser des blessures dans les relations professionnelles ou amicales.

Sans remettre en cause la contribution du Pr Bedja à la formation des ingénieurs, il a appelé à l’apaisement, invitant les uns et les autres à dépasser les rancœurs, à faire preuve de générosité et à retenir les enseignements positifs des expériences partagées.

Prenant la parole à son tour, Pr Koffi-Sa Bedja a exposé sa conception du métier d’ingénieur, en s’appuyant sur des expériences vécues au cours de sa carrière.

Selon lui, l’ingénieur doit être capable de trouver des réponses simples à des problèmes complexes. Une telle mission exige des connaissances solides, mais aussi un sens aigu de l’observation, une capacité d’analyse et de l’imagination.

Il a résumé cette approche en trois verbes : «comprendre, agir et contrôler». L’ingénieur doit ainsi analyser une situation, concevoir une solution adaptée, la mettre en œuvre et vérifier les résultats obtenus.

Le professeur a insisté également sur la simplicité, l’ouverture d’esprit et la résilience, qu’il considère comme des qualités humaines indispensables à l’exercice de cette profession. Il a, par ailleurs, exprimé sa reconnaissance à plusieurs personnalités du monde universitaire qui ont marqué son parcours.

Au-delà de l’hommage, les échanges ont mis en évidence les défis auxquels fait face la formation des ingénieurs au Togo, notamment le départ à la retraite de professeurs expérimentés et la nécessité de préparer une nouvelle génération d’enseignants-chercheurs.

Le ministre chargé de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a illustré l’empreinte de l’ENSI en citant des anciens de l’école qui participent à de grands projets d’infrastructures, notamment les métros de Doha, du Caire et d’Abidjan, ainsi qu’un tunnel de 37 km entre Virginia Beach et Washington.

« Le meilleur hommage que nous allons vous rendre n’est pas dans les discours, il est dans la poursuite et l’amplification de l’œuvre que vous avez tant donnée », a déclaré Mama Omorou, appelant ainsi à assurer la continuité du travail accompli par le professeur.

Les participants ont souligné l’importance de renforcer les capacités des jeunes universitaires, de soutenir la recherche scientifique et d’encourager les étudiants à cultiver le travail, la discipline et l’intégrité.

Les futurs ingénieurs ont également été invités à considérer leur diplôme non comme un simple signe de distinction sociale, mais comme un engagement à mettre leurs compétences au service du développement national.

Rappelons qu’en marge de la conférence, un dîner de gala est organisé vendredi 16 octobre 2026 à l’hôtel Sarakawa, à Lomé, pour marquer cette célébration en l’honneur du Pr Koffi-Sa Bedja. FIN

Bernadette AYIBE

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