
Décédé le 4 février 2026 à l’âge de 86 ans, Sa Majesté Ewéfiaga Togbui Boniface Fafanyo Kossi Agboli Agokoli IV, Roi des Ewé, a été inhumé le samedi 20 juin à Notsè (environ 95 km au nord de Lomé), à l’issue de cérémonies d’hommage marquées par la ferveur et le recueillement.
Les obsèques ont été marquées par une messe pontificale concélébrée sur l’esplanade de la Place de l’Indépendance, en présence de nombreuses personnalités politiques, administratives, traditionnelles et religieuses. Le souverain a ensuite été conduit à sa dernière demeure dans l’intimité familiale.
L’événement a mobilisé plusieurs hautes personnalités de l’État, parmi lesquelles le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, le président du Sénat, Barry Moussa Barqué, des présidents d’institutions de la République, des membres du gouvernement, des députés et sénateurs, ainsi que des chefs traditionnels et des responsables religieux.
De nombreux fils et filles du peuple Ewé venus du Togo, du Bénin, du Ghana et de la diaspora ont également effectué le déplacement pour rendre un dernier hommage à leur roi.
Au cours de la cérémonie d’hommage, le chef du canton d’Aflao Gakli, Togbui Mawuto Frédéric Dzidzoli Détu X, s’exprimant au nom du Conseil national de la chefferie traditionnelle, a salué la mémoire d’un roi dont le règne a été placé sous le signe du service, du travail et de la préservation des valeurs traditionnelles.
Selon lui, le défunt considérait l’apparat royal non comme un privilège, mais comme un outil de travail au service des communautés et de la chefferie traditionnelle.
« Avec sa canne de leader charismatique qu’il vient de déposer pour toujours, il a sillonné toutes les préfectures afin de transmettre aux chefs les valeurs et les vertus que doivent porter les garants des us et coutumes », a-t-il précisé.
Le vice-président de l’Union EWETO, Togbui Mawuko Adela Aklassou IV, a également rendu hommage à un souverain profondément attaché au travail et à l’esprit de service.
— Grande énergie physique et intellectuelle —
Il a rappelé que Togbui Agokoli IV exhortait constamment les chefs de l’espace Ewé à servir leurs communautés avant de prétendre régner : « Serviteur doté d’une grande énergie physique et intellectuelle, il ne s’avoua jamais abattu malgré le poids de l’âge ».
« Véritable garant des us et coutumes, il s’était engagé à restaurer le sanctuaire d’Agbogbodzi pour en faire un lieu sacré et attractif au service des valeurs traditionnelles », a-t-il ajouté.

À travers ces témoignages, les intervenants ont salué l’héritage d’un roi dont l’action aura contribué à la promotion des valeurs culturelles, au renforcement de la chefferie traditionnelle et à la consolidation des liens entre les communautés Ewé du Togo et de la sous-région.
Dans son homélie, Mgr Benoît Alowonou, évêque de Kpalimé et président de la Conférence des évêques du Togo (CET), a rappelé l’attachement de Togbui Agokoli IV à la foi chrétienne à travers son baptême. Il a également élevé des prières pour le repos de son âme, implorant le Seigneur de l’accueillir dans sa demeure éternelle.
Né en 1940, Sa Majesté Ewéfiaga Togbui Boniface Fafanyo Kossi Agboli Agokoli IV était, avant son décès, chef du canton de Notsè et président du Conseil national des chefs traditionnels du Togo.
Figure emblématique de la chefferie traditionnelle, il a occupé plusieurs hautes fonctions au cours de sa carrière. Il fut notamment président du Bureau exécutif de l’Union EWETO, membre de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR).
En reconnaissance de son engagement au service de la nation et de la préservation des valeurs culturelles et traditionnelles, il a été élevé au rang d’Officier de l’Ordre du Mono. FIN
Chrystelle MENSAH