
Lomé abrite, depuis mercredi 4 novembre 2026, une formation régionale consacrée à l’utilisation de l’Acoziborole, un nouveau traitement oral contre la trypanosomiase humaine africaine (THA), également appelée maladie du sommeil.
Cette formation de trois jours vise à constituer, dans les pays où la maladie est endémique, un réseau de formateurs chargés d’accompagner l’introduction et l’utilisation de l’Acoziborole, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les travaux ont été ouverts par Dr Kokou Wotobe, Secrétaire général du ministère chargé de la Santé, en présence de Dr Hamadou Nouhou, Représentant résident de l’OMS au Togo. Prennent part à cet atelier des médecins, des chefs de programmes liés au Maladies tropicales négligées et des infirmiers traitants venus de plusieurs pays endémiques à la THA.
La THA est une maladie mortelle transmise par la piqûre d’une mouche tsé-tsé infectée. Elle touche des populations vivant dans les régions les plus reculées d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, où l’accès aux soins reste difficile. Selon l’OMS, la forme gambiense de la maladie représente la grande majorité des cas recensés.

Une molécule révolutionnaire
Développé en partenariat avec Sanofi et DNDi, l’Acoziborole offre une approche simplifiée de type « dépistage et traitement ». Toutefois, son administration requiert une formation préalable. De retour dans leurs pays respectifs, les participants auront pour mission de former à leur tour les équipes d’intervention de terrain.
Dr Wotobe a salué l’introduction de l’Acoziborole dans l’arsenal thérapeutique contre la maladie du sommeil, tout en soulignant qu’un nouveau traitement impose une préparation rigoureuse.
« Elle exige une préparation méthodique, une parfaite appropriation des recommandations scientifiques et une harmonisation rigoureuse des pratiques professionnelles. La maîtrise des critères d’éligibilité et de non-éligibilité, la connaissance des indications et contre-indications, le respect des protocoles thérapeutiques, le suivi clinique des patients ainsi que la détection et la notification des effets indésirables constituent autant d’impératifs pour lesquels aucune approximation ne saurait être admise », a déclaré Dr Wotobe.
Il a insisté sur la nécessité d’une maîtrise scientifique et technique, d’une vigilance sanitaire accrue, ainsi que sur la restitution effective des compétences transmises durant ces trois jours de travaux.
Pour Dr Hamadou Nouhou, cette rencontre revêt une importance particulière car elle intervient à un moment décisif de la lutte contre la trypanosomiase humaine africaine. L’OMS s’est en effet fixé 2030 comme échéance pour éliminer la maladie en tant que problème de santé publique et interrompre durablement sa transmission.

« Pour la première fois, nous disposons d’un traitement oral administré en dose unique pour les patients éligibles. Cette innovation a le potentiel de transformer profondément la prise en charge en simplifiant les protocoles thérapeutiques, en facilitant l’accès aux soins et en renforçant les efforts déjà consentis par les pays endémiques », s’est réjoui le Représentant résident de l’OMS au Togo.
Constituer un réseau d’experts engagés sur le continent
Selon lui, cet atelier constitue une opportunité unique d’échanges et de partage d’expériences entre les pays participants afin d’harmoniser les approches et de consolider le réseau d’experts engagés sur le continent.
« L’utilisation de ce nouveau médicament requiert des informations précises, d’où cette formation initiée par l’OMS. À l’issue de cet atelier, les participants issus de plusieurs pays francophones de la sous-région seront aptes à former à leur tour les prestataires de soins », a expliqué Ebedja Kadima, point focal THA au Bureau de l’OMS et formateur.
« Nous en sommes à la quatrième génération de lignes directrices. Nous sommes passés de médicaments injectables à des traitements oraux, puis de protocoles s’étalant sur dix jours à un médicament administré aujourd’hui en une seule dose », a-t-il précisé, avant de féliciter le gouvernement togolais pour ses efforts soutenus.
Le Togo a été le premier pays au monde à recevoir de l’OMS la validation de l’élimination de la trypanosomiase humaine africaine en tant que problème de santé publique. FIN
Ambroisine MEMEDE