
Le Festival inter-régional du fonio (FESTIFONIO-1) a officiellement ouvert ses portes le jeudi 23 avril 2026 au Centre togolais des expositions et foires de Lomé (CETEF).
Porté par le Conseil interprofessionnel de la filière fonio du Togo (CI2F), cet événement de trois jours ambitionne de sortir cette céréale ancestrale de l’ombre pour en faire un pilier de la souveraineté alimentaire et du développement économique.
Pour les organisateurs, le message est clair : l’Afrique dispose déjà de solutions face à ses défis alimentaires. « Le fonio en est la preuve »’, souligne Bassane Bakoulmde, président du CI2F.
Dans la même dynamique, il insiste sur la place du fonio dans la société togolaise et son potentiel encore sous-exploité. « Au Togo, il est bien plus qu’un aliment : il est présent dans nos traditions, dans nos cérémonies, dans notre identité. Et pourtant, ce trésor agricole reste encore sous-exploité », relève-t-il.
Bassane Bakoulmde met également en avant les atouts agronomiques de cette céréale. « Le fonio est une culture exceptionnelle. C’est une céréale qui pousse là où d’autres échouent sur des sols pauvres, avec très peu d’eau et sans intrants lourds. C’est l’une des cultures les plus rapides au monde, capable d’être récoltée en seulement 6 à 8 semaines. C’est une réponse directe aux effets du changement climatique que subissent nos agriculteurs’’, explique-t-il.

Structurer la filière pour passer à l’échelle industrielle
Malgré ce potentiel, la filière togolaise fait face à des défis structurels. Occupant la cinquième place des céréales produites dans le pays — derrière le maïs, le sorgho, le mil et le riz — le fonio souffre encore d’une production artisanale et d’une transformation limitée.
« La question n’est plus de savoir si le fonio a de la valeur, mais si nous sommes prêts à saisir cette opportunité », martèle Bassane Bakoulmde. L’objectif du CI2F, soutenu par INADES-Formation et le cabinet DEP SARL, est de professionnaliser les acteurs, de moderniser la transformation locale et de faciliter l’accès aux marchés internationaux.
Il souligne en outre ses qualités nutritionnelles. « Le fonio est aussi un superaliment : riche en fibres, en fer, sans gluten, facile à digérer et particulièrement recommandé pour les personnes diabétiques et les enfants. Autrement dit : le fonio nourrit, soigne et protège », ajoute-t-il.
Dans un contexte de transformation des habitudes alimentaires à l’échelle mondiale, le président du CI2F voit une réelle opportunité. « Le marché des produits sans gluten connaît une croissance de 8 à 10 % par an au niveau mondial. La question n’est donc plus de savoir si le fonio a de la valeur. La vraie question est : sommes-nous prêts à saisir cette opportunité ? « , s’interroge-t-il.
Cultivée depuis des siècles en Afrique de l’Ouest, du Sahel jusqu’aux plateaux du Togo, cette céréale est l’une des plus anciennes céréales du continent. Elle s’adapte aux sols pauvres, nécessite peu d’eau et peut être récoltée en seulement six à huit semaines.
Au-delà de sa résilience face au changement climatique, le fonio séduit aussi par ses qualités nutritionnelles. Riche en fibres et en fer, sans gluten et facile à digérer, il est de plus en plus prisé par les consommateurs, dans un contexte mondial marqué par la montée des aliments sains et naturels.
Malgré ce potentiel, la filière reste encore peu structurée. Production artisanale, transformation limitée et faible visibilité sur les marchés freinent son essor. « La question n’est plus de savoir si le fonio a de la valeur, mais si nous sommes prêts à saisir cette opportunité », insiste Bassane Bakoulmde.
Il reconnaît toutefois les défis à relever et appelle à une mobilisation des acteurs. « Aujourd’hui encore, au Togo comme dans beaucoup de pays africains, la production reste artisanale, la transformation est limitée, les marchés sont insuffisamment structurés et la visibilité du produit reste faible, malgré une demande croissante », affirme-t-il.
Face à cette situation, la filière entend changer de cap. « Nous avons décidé d’agir : structurer la production, renforcer la transformation locale, améliorer l’accès aux marchés et développer des partenariats durables avec les producteurs, les investisseurs et les marchés internationaux », indique le président du CI2F.
L’ambition est clairement affichée. ‘’Faire du fonio une véritable opportunité économique, créatrice de valeur, d’emplois et de revenus, tout en contribuant à la sécurité alimentaire et à la résilience climatique de nos territoires’’, conclut-il.
Même constat du côté des autorités. Représentant le ministère de l’Agriculture, Martin Komla Segoh rappelle que le fonio occupe la cinquième place des céréales au Togo, derrière le maïs, le sorgho, le mil et le riz. Longtemps marginalisé en raison de la petite taille de ses grains, il connaît aujourd’hui un regain d’intérêt grâce à ses qualités nutritionnelles.

‘’Le fonio apparaît comme une réponse pertinente aux enjeux actuels, notamment la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique’’, explique-t-il. Le gouvernement entend ainsi soutenir la transformation locale, la commercialisation et la création de valeur au profit des producteurs.
Une vitrine de l’innovation culinaire
Sur le terrain, le festival offre une vitrine concrète du potentiel du fonio. Expositions, dégustations et innovations culinaires permettent au public de redécouvrir cette céréale sous différentes formes : croissants, pizzas, dèguê ou encore plats traditionnels revisités.
‘’J’ai été impressionnée par la diversité des mets à base de fonio. C’est vraiment délicieux’’, témoigne Odile Amévi Atoko, consommatrice, invitant le public à venir découvrir les nombreuses surprises prévues.
Au-delà de la promotion, le FESTIFONIO se veut aussi un espace d’opportunités. ‘’C’est une plateforme d’échanges, de rencontres et de partenariats’’, souligne Eddy Mawuvi, chargé du projet, qui appelle à inscrire cette initiative dans la durée.
Lors de ce festival, les producteurs présenteront leur savoir-faire, les transformateurs dévoileront leur innovation, les investisseurs découvriront un secteur à fort potentiel, et les consommateurs redécouvriront un produit sain, local et d’avenir.
Conférences, panels scientifiques et rencontres d’affaires rythment les trois jours, transformant Lomé en un véritable carrefour d’échanges entre producteurs, transformateurs, investisseurs et consommateurs.
Pour les organisateurs, cette première édition marque un tournant. L’objectif est de faire sortir durablement le fonio de l’ombre et de l’inscrire dans une dynamique économique porteuse pour le Togo. FIN
Bernadette AYIBE
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