
Le Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a ouvert lundi à Accra sa deuxième session extraordinaire de l’année, en présence de la vice-présidente du Ghana, Naana Jane Opoku-Agyemang.
Les travaux se tiennent conjointement avec le deuxième séminaire parlementaire de l’institution communautaire, consacré au thème « Le changement climatique comme facteur de dégradation environnementale, de déplacement des populations et d’insécurité croissante dans l’espace Cédéao ».
La deuxième session extraordinaire sera principalement consacrée à « l’examen et à l’adoption du projet de budget du Parlement pour l’exercice 2027, ainsi que du programme annuel d’activités », a annoncé la présidente du Parlement de la Cédéao, Mme Memounatou Ibrahima.
« L’exercice budgétaire est avant tout un exercice de priorisation, d’action et de crédibilité », a-t-elle déclaré, appelant à veiller, dans un contexte de « pression et de prudence macro-économique », à ce que les ressources sollicitées correspondent à « des priorités clairement établies » et contribuent à des programmes ayant un impact sur l’intégration régionale et les populations.

L’examen du budget devra être mené « avec rigueur », dans le respect de la lettre de cadrage budgétaire arrêtée pour l’ensemble des institutions de la Communauté, a indiqué Mme Memounatou Ibrahima, disant compter sur la commission compétente et les députés pour assurer une « utilisation optimale des ressources communautaires ».
Les parlementaires examineront également les rapports issus des activités conduites dans le cadre du programme annuel et participeront au programme du Réseau des femmes parlementaires de la Cédéao (ECOFEPA), dont Mme Ibrahima a salué l’engagement en faveur de l’autonomisation des femmes.
Le climat, un enjeu de paix et de sécurité
Dans son discours d’ouverture, la présidente du Parlement a souligné que le changement climatique constitue désormais un enjeu de développement, mais aussi de paix et de sécurité pour la région.
Le dérèglement climatique « n’affecte pas seulement nos sols, nos forêts ou nos côtes », a-t-elle souligné, relevant qu’il « fragilise les moyens de subsistance, accentue la pression sur les ressources, provoque des déplacements de populations et exacerbe les tensions au sein de nos communautés ».
« Le changement climatique est ainsi devenu non seulement un enjeu de développement, mais également un enjeu de paix et de sécurité pour notre région », a-t-elle déclaré.
Le choix de ce thème vise à « aller au-delà de la dimension environnementale », a expliqué Mme Memounatou Ibrahima.
Le deuxième séminaire parlementaire se déroule du 21 au 23 septembre. La tenue de la session extraordinaire à Accra s’inscrit dans le cadre de l’article 27, alinéa 2, de l’Acte additionnel relatif au renforcement des prérogatives du Parlement de la Cédéao.
Cette disposition autorise la tenue de sessions extraordinaires hors du siège de l’institution autour d’un ordre du jour spécifique, a rappelé la présidente.

Les défis « sécuritaires, climatiques, économiques et institutionnels » auxquels la région est confrontée « continuent par ailleurs d’éprouver notre capacité de résilience », a relevé Mme Memounatou Ibrahima, appelant à une « détermination sans faille dans l’action collective, coordonnée et solidaire ».
« Le Parlement de la Cédéao doit prendre toute sa part de responsabilité », a-t-elle déclaré, estimant que l’institution doit rester « un espace de dialogue et de représentation des aspirations de nos populations », mais aussi contribuer, à travers ses délibérations et recommandations, « à la recherche de solutions concrètes aux défis de notre région ». FIN
Junior AUREL