
Deux explosions ont retenti jeudi à l’issue d’un meeting du groupe armé M23 à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, auquel participait l’un de ses chefs, Corneille Nangaa, ont constaté des journalistes de l’AFP.
Aucun autre détail ou bilan n’était disponible dans l’immédiat. Une foule compacte était rassemblée pour ce meeting sur la place de l’Indépendance de Bukavu, chef-lieu de la Province du Sud-Kivu, dans l’est de la RDC ravagé par trois décennies de conflit.
Le M23, mouvement antigouvernemental qui a repris les armes en 2021, soutenu selon des experts de l’ONU par des troupes rwandaises, s’est emparé de Bukavu le 16 février, après avoir conquis fin janvier Goma, chef-lieu de la province voisine du Nord-Kivu.
Une première explosion a provoqué la panique et la fuite des spectateurs, avant qu’une deuxième explosion ne retentisse. Selon des journalistes de l’AFP sur place, Corneille Nangaa, figure de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), une coalition politico-militaire à laquelle appartient le M23, avait quitté la tribune et la place de l’Indépendance au moment des explosions.
Les récents combats dans l’est de la RDC font craindre une répétition de ce que l’on a appelé la deuxième guerre du Congo (1998-2003), qui a impliqué de nombreux pays africains et entraîné des millions de morts par la violence, les maladies et la famine.
Kinshasa accuse Kigali de vouloir contrôler l’exploitation et le commerce de minerais du riche sous-sol de l’est de la RDC, utilisés notamment dans les batteries et les équipements électroniques.
Le Rwanda dément, et affirme que sa sécurité est menacée par des groupes armés hostiles présents dans la région. Pour la première fois vendredi, le Conseil de sécurité de l’ONU a condamné directement le Rwanda pour son soutien au M23.
Source : Afp