Santé : Les parties prenantes de l’Alliance pour la Chimioprévention du Paludisme Saisonnier en réunion à Lomé

Vue partielle des parties prenantes à cette 8ème Réunion sur la CPS

Les principales parties prenantes de la Chimioprévention du paludisme saisonnier (CPS) ont démarré ce mardi à Lomé, leur huitième réunion de révision et de planification.

La rencontre de 4 jours a été lancée par Kokou Wotobe (secrétaire général du ministère de la santé et de l’hygiène publique) en présence de Dr Amadou Diallo (Représentant résident par intérim de l’OMS) ainsi que Dr Payakissim Atekpe (Coordonnateur national de lutte contre le paludisme au Togo, PNLP).

Les personnes focales de la CPS au sein des Programmes nationaux de lutte contre le paludisme (PNLP) et les coordonnateurs des PNLP prennent également part à cette réunion, dont les travaux permettront d’examiner les résultats de couverture, les meilleures pratiques, ainsi que les défis liés à la mise en œuvre de la campagne CPS 2024 dans différents pays.

La Chimioprévention du paludisme saisonnier ou CPS consiste selon l’OMS, en l’administration intermittente d’un traitement antipaludique curatif aux enfants exposés à un risque élevé de paludisme grave dans les zones de transmission saisonnière, qu’ils soient ou non infectés par Plasmodium falciparum, responsable du paludisme chez l’être humain.

Les enfants de moins de 5 ans représentent la grande majorité des décès liés à cette maladie qui a fait 600.000 décès en 2023, selon les chiffres du ministère de la santé.

Selon Kokou Wotobé (Secrétaire général du ministère de la santé), la lutte contre le paludisme est un défi sanitaire majeur, particulièrement préoccupant en saison de fortes pluies, avec un risque d’infection considérable.

Outil stratégique

« C’est dans ce contexte que la CPS devient un outil stratégique essentiel de la réduction de l’incidence du paludisme en particulier chez les enfants de moins de 5 ans, qui sont les plus vulnérables », a dit Dr Wotobé.

La CPS a démarré au Togo en 2013 avec la région des Savanes (extrême-nord), a indiqué Dr Atekpé (Coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme).

« De 19 districts, nous avons évolué à 23 districts depuis 2024. Et avec la stratification, nous avons pu passer de 4 cycles à 5 cycles. Depuis lors, nous avons pu remarquer une baisse significative de 4% la morbidité et de la mortalité dans les différentes formations sanitaires », a-t-il expliqué.

« La CPS couvre à peu près 600.000 enfants dans les régions Savanes, Plateaux et Centrale. Aujourd’hui, nous avons à peu près 70% de réduction de cas de paludisme chez les enfants des zones couvertes par la CPS », a renchéri Christian Rassi (un des responsables de mise en œuvre de la CPS).

Vers la droite, Dr Atekpé (PNLP), Dr Diallo (OMS) et Dr Wotobe (SG Ministère de la santé)

« La CPS s’est révélée efficace et rentable, venant compléter d’autres stratégies essentielles telles que la lutte antivectorielle et la prise en charge rapide par des médicaments efficaces et sûrs. Les avancées réalisées sont encourageantes, mais de nombreux défis subsistent… Il nous appartient d’unir nos forces, d’échanger nos expériences et de mutualiser nos ressources afin d’accélérer notre marche vers l’élimination du paludisme d’ici 2030 », a déclaré Dr Amadou Diallo (Représentant résident par intérim de l’OMS au Togo).

Une coopération renforcée contre le paludisme

Notons que les estimations collectées à partir de sept études menées en Afrique subsaharienne indiquent que la CPS réduit d’environ 88 % l’incidence du paludisme clinique dans les 4 premières semaines qui suivent son administration. Il y a aujourd’hui, 19 pays qui mettent en œuvre la CPS sur le continent. Et cette rencontre permettra de renforcer la coopération entre toutes les parties prenantes de l’alliance CPS.

« On est passé de 2 millions d’enfants couverts en 2014 à environ 55 millions d’enfants couverts en 2024, ce qui n’est pas anodin. L’intervention a couvert essentiellement les enfants de 3 mois à 5 ans. Et de plus en plus, les pays commencent à considérer de couvrir la tranche d’âge au-dessus… », a expliqué Dr André Tchouatieu (Medicines for Malaria Venture, organisation spécialisée dans la recherche et le développement pour les nouveaux médicaments anti paludiques).

Précisons que l’Alliance CPS organise cette réunion de révision et de planification avec les principales parties prenantes de la CPS, les personnes focales de la CPS au sein des PNLP et les coordonnateurs des PNLP, pour essentiellement examiner les résultats de couverture, examiner les meilleures pratiques et les défis de la mise en œuvre de la campagne CPS 2024 dans différents pays.

En rappel, l’Alliance pour la CPS est un groupe de parties prenantes de la CPS, comprenant les programmes nationaux de lutte contre le paludisme des pays mettant en œuvre la CPS et d’autres décideurs politiques, des organisations multilatérales et gouvernementales, des partenariats pour le développement de produits, des agences de financement de la santé mondiale, des universitaires et des organisations de recherche. FIN

Ambroisine MEMEDE