Lutte contre les grossesses précoces au Togo : Le projet « Approches multisectorielles de prévention… » clôturé avec « succès »

Lancement des travaux de clôture, Mme Koevi-Koudam au milieu

Le projet « Approches multisectorielles de prévention des grossesses précoces et violences sexuelles sur les adolescentes au sein des communes du Togo » mis en œuvre par l’Association togolaise pour le bien-être familial, ATBEF), a été clôturé vendredi sur une note de satisfaction.

La cérémonie de clôture, présidée par Mme Noelie Koevi-Kudam (directrice exécutive de l’ATBEF), a regroupé les partenaires stratégiques nationaux et ONG impliquées dans la mise en œuvre dudit projet.

Mis en œuvre sur la période de septembre 2021 à février 2025, ce projet a couvert 50 communes et a ciblé particulièrement 250 établissements scolaires. Objectiif principal visé: contribuer à une réduction sensible des grossesses précoces, de plus en plus croissantes en milieu scolaire.

Le taux de grossesses chez les adolescentes (15 à 19 ans) est de 17% et varie d’une région à une autre: (25,3% pour Kara et 19,0% pour Maritime sans Lomé commune), selon les statistiques du ministère des enseignements primaire et secondaire.

En 2022, plus de 2474 cas de grossesses ont été enregistrés chez les adolescentes dans les collèges et lycées au Togo.

Selon Dr Komlan Noussoukpoé (chercheur principal, chargé du projet), au total, 993 cas de grossesses ont été enregistrées dans les 250 établissements scolaires d’intervention du projet, en juin 2021, soit une moyenne de 4 grossesses par collège.

Présentation des résultats

« L’approche utilisée intègre un travail en synergie avec les acteurs de l’éducation, de la santé, de la justice, de l’action sociale et de la chefferie traditionnelle, puis des communes. Il s’agit d’éclairer la population, leur expliquer le phénomène, susciter leur prise de conscience et les amener à s’organiser… C’est une approche qui permet à tous les acteurs d’avoir la même lecture du phénomène et les mêmes approches pour résoudre le problème : éduquer, sensibiliser et surtout interpeller les responsables de ces actes, quel que soit leur niveau. Et c’est ce que nous avons déployé pour combattre un tant soit peu, le phénomène des grossesses précoces au niveau des adolescentes », a longuement expliqué le chargé du projet, soulignant que les objectifs ont été atteints.

« Un succès« 

Pour Mme Koevi-Koudam, ce projet financé à hauteur de 557,992 millions de F.CFA par le Centre de recherche pour le développement (CRDI) et conduit conformément à l’approche multisectorielle (préconisée par le gouvernement dans sa politique nationale de prévention des grossesses et mariages d’adolescents) est un succès.

« Au bout des trois ans de mise en œuvre, nous avons réalisé un audit pour voir si les actions ont porté des fruits. Et nous nous sommes rendus compte qu’il y a eu une réduction significative de 72% de ces grossesses… Après 36 mois d’engagement, de défis et de résilience, il nous appartient collectivement de capitaliser sur les acquis du projet et de définir les mécanismes nécessaires pour sa pérennisation », s’est réjouie Mme Koevi-Koudam.

« Le projet a permis de renforcer la prévention des grossesses précoces et des violences sexuelles, tout en favorisant une mobilisation accrue des acteurs communautaires et institutionnels pour une prise en charge durable des enjeux liés à la santé et à la protection des adolescentes », a-t-elle expliqué.

Pour Togbui Kossi Adako II (Chef canton de Dalia, préfecture de Haho), ce projet a énormément aidé sa localité dans la lutte contre les grossesses précoces. 

« L’ATBEF a travaillé avec nous, autorités à la base et leur travail a permis de mettre en place des groupes de pairs éducateurs pour sensibiliser les élèves, ce qui a conduit à une réduction totale des cas de grossesses dans nos établissements scolaires. Nous sommes engagés à continuer cette action de prévention, afin d’éradiquer ce phénomène », a dit Togbui Adako II.

Togbui Tetedje (chef traditionnel, Adjifo) félicité

Yemiolime lamboni (élève en classe de 3ème, paire éducatrice) a également salué ce projet qui a permis de sensibiliser les élèves sur leur cycle menstruel, les méthodes contraceptives, etc.

Notons que l’atelier national de clôture de ce projet a permis aux acteurs, de renforcer les mécanismes de pérennisation des acquis pour la protection des jeunes et adolescentes contre les grossesses précoces et violences sexuelles au sein des communes du Togo.

Ce fut également l’occasion pour les acteurs impliqués dans la mise en œuvre, de partager les expériences et bonnes pratiques, de diffuser les résultats validés de l’étude finale et de tirer des leçons de la mise en œuvre de l’approche multisectorielle. Des communes et collèges, cibles d’intervention du projet ont également été félicités pour leur remaprquable effort. FIN

Ambroisine MEMEDE