
Malick Gaye
Les points focaux de l’Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre sont réunis à Lomé pour cinq jours de travaux consacrés à l’appropriation du plan stratégique 2026-2030, qui ambitionne notamment l’installation de 50.000 biodigesteurs et le développement du marché de cette technologie dans la sous-région.
Cette rencontre vise à harmoniser la compréhension des orientations et des objectifs du plan stratégique entre les différents pays membres. Les échanges portent notamment sur le renforcement de la coopération entre les acteurs, la coordination des interventions et les mécanismes nécessaires à une mise en œuvre cohérente de cette feuille de route à l’horizon 2030.
Selon le secrétaire exécutif de l’Alliance, Mourina Maï Moussa, le plan stratégique vise notamment « à installer au moins 50 000 biodigesteurs et préparer le marché de la technologie du biodigesteur ».
Il s’articule autour de trois axes, à savoir le développement du secteur marchand de cette technologie, la coordination efficace du secteur dans les différents pays, ainsi que la gouvernance et le développement institutionnel.
« Parallèlement à ces documents du plan stratégique, on a élaboré aussi la stratégie de communication et la stratégie de mobilisation de ressources », a-t-il précisé, soulignant que l’atelier doit permettre une compréhension harmonisée du plan et une mise en œuvre cohérente dans les pays concernés.
Le biodigesteur est une technologie qui permet de transformer les déchets organiques en biogaz, utilisable notamment pour la cuisson et l’éclairage, ainsi qu’en engrais organique destiné à améliorer la fertilité des sols agricoles. Son développement représente ainsi un enjeu à la fois énergétique, environnemental et agricole pour les pays de la sous-région.
Au-delà de la production d’énergie, le biodigesteur contribue à une meilleure valorisation des déchets organiques et à la réduction de la dépendance aux combustibles traditionnels. Le fertilisant issu du processus de digestion peut également améliorer la qualité des sols et soutenir la production agricole.
Cette technologie offre ainsi des perspectives pour la gestion durable des ressources, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le renforcement des activités économiques en milieu rural.
Pour le président du conseil d’administration de l’Alliance, Malick Gaye, le Togo a déjà engagé des initiatives en faveur du développement de cette technologie.
« Le Togo a quand même amorcé le développement de la technologie avec un programme qui, en perspective, vise 5 000 biodigesteurs », a-t-il indiqué.
Il a ajouté que les échanges d’expériences entre les pays participants devraient permettre à chacun de s’inspirer des initiatives mises en œuvre ailleurs pour accélérer le développement du biodigesteur.
À terme, la mise en œuvre du plan stratégique 2026-2030 devrait contribuer à renforcer l’accès à des sources d’énergie alternatives, à améliorer la gestion des déchets organiques et à soutenir les activités agricoles grâce à la production d’engrais organiques.
L’Alliance entend ainsi faire du biodigesteur un outil de développement durable, au bénéfice des populations de l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Créée le 4 octobre 2018 par huit pays fondateurs (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Togo), l’Alliance pour le biodigesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre est un établissement public international basé à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Elle œuvre à la promotion et au développement de la technologie du biodigesteur dans ses États membres, en favorisant notamment la coopération entre les gouvernements, les acteurs du secteur et les partenaires techniques et financiers
L’Alliance intervient notamment dans le renforcement des capacités des acteurs nationaux, la mobilisation des ressources financières, l’appui technique aux pays membres ainsi que le partage d’expériences et de connaissances. FIN
Chrystelle MENSAH (Source: www.agroclimatique.tg)