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Education non formelle au Togo : les acteurs mobilisés pour accroître les financements

Une table ronde réunissant décideurs, acteurs et partenaires de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle s’est tenue vendredi 23 octobre 2026 à Lomé, à l’initiative du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance, en vue de mobiliser davantage de ressources pour ce sous-secteur.

Il s’agit de sensibiliser les décideurs, les acteurs et les partenaires au financement de ce sous-secteur, afin d’accroître les ressources mobilisées en complément de celles allouées par l’État et de mieux répondre aux besoins des populations non scolarisées ou n’ayant pas bénéficié d’une éducation formelle.

Les échanges ont souligné l’importance de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle dans la promotion d’une éducation inclusive au Togo. Ces dispositifs offrent des possibilités d’apprentissage aux personnes non scolarisées ou ayant interrompu leur parcours scolaire. Ils favorisent l’acquisition de compétences de base, notamment en lecture, en écriture et en calcul, essentielles à la participation à la vie sociale et économique.

« La présente table ronde intervient dans un contexte où les enjeux liés à l’apprentissage, au développement des compétences et à l’inclusion socio-économique sont particulièrement déterminants pour l’avenir de nos sociétés. Elle constitue une occasion de porter la cause de l’alphabétisation au plus haut niveau, d’examiner les défis persistants, de partager les bonnes pratiques, d’identifier des stratégies innovantes et de bâtir des partenariats durables susceptibles d’accroître les ressources consacrées à ce sous-secteur essentiel », a déclaré le directeur de cabinet du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’enfance, Dr Pyabalo Mazama-Esso Minza.

Vue partielle de l’assistance

« L’alphabétisation représente bien plus qu’un simple apprentissage de la lecture, de l’écriture ou du calcul. Elle est un droit fondamental, un levier d’émancipation individuelle et collective, ainsi qu’un puissant moteur de transformation économique et sociale. Elle favorise l’accès aux services sociaux de base, renforce l’employabilité, améliore la santé et le bien-être des populations, stimule la citoyenneté active et contribue à la réduction des inégalités sous toutes leurs formes. À l’inverse, l’analphabétisme constitue l’une des formes les plus persistantes d’exclusion », a-t-il ajouté.

               — Les défis du financement —

Selon les données du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2022, le Togo comptait 1.363.389 personnes analphabètes, dont 141.757 enfants âgés de 9 à 14 ans exclus du système éducatif formel.

Entre 2020 et 2025, seuls 33,4% des apprenants concernés ont pu être enrôlés dans les programmes d’éducation non formelle, en raison notamment de l’insuffisance des financements.

La mobilisation des ressources demeure également limitée. En 2024, 10,93% des financements prévus pour le sous-secteur auraient été mobilisés, contre 8,76% en 2025.

Parmi les principaux défis figurent la faible prise en compte de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle (AENF) dans les planifications budgétaires des secteurs public et privé, notamment dans les budgets des communes et les projets et programmes de développement. À cela s’ajoute la maîtrise insuffisante des instruments de planification opérationnelle par les acteurs chargés de la mise en œuvre.

Le sous-secteur reste confronté à plusieurs contraintes, notamment la prise en compte insuffisante des enfants non scolarisés et déscolarisés précoces, le manque d’infrastructures et la diversification limitée des offres de formation.

Malgré la mise en œuvre de la Stratégie nationale d’alphabétisation et d’éducation non formelle, la mobilisation des ressources nécessaires à son exécution demeure insuffisante.

« L’État est dans une dynamique évolutive. Nous avons actualisé notre stratégie d’alphabétisation et d’éducation non formelle pour la période 2024-2028. Il faut reconnaître que l’ancienne stratégie n’a pas permis de mobiliser les ressources nécessaires. Si nous voulons atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, il est important de mobiliser davantage de ressources », a souligné Dr Amah Ajavon, le directeur général de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle.

Les participants

« Pour la période 2024-2025, la stratégie prévoyait la mobilisation de 4 milliards de francs CFA. Or, seuls 403 millions de francs CFA ont pu être mobilisés. Il ne reste que quelques années pour mettre en œuvre cette stratégie. Il est donc important de mobiliser davantage les acteurs autour du financement de ce sous-secteur afin de nous donner les moyens d’atteindre les objectifs fixés », a-t-il précisé.

À l’issue de la table ronde, les recommandations ont notamment porté sur le renforcement du plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers ainsi que sur l’exploration de mécanismes alternatifs de financement pour soutenir l’alphabétisation et l’éducation non formelle.

À l’horizon 2028, la Stratégie nationale d’alphabétisation et d’éducation non formelle ambitionne de contribuer à l’émancipation économique, sociale, culturelle et psychologique des individus et des communautés. FIN

Chrystelle MENSAH

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