
Des crânes et d’autres ossements appartenant à 28 victimes présumées d’enlèvement ont été découverts lors d’une opération de police menée au cours du week-end dans le sud-est du Nigeria, ont annoncé les autorités.
Au Nigeria, le montant des rançons versées après des kidnappings s’est élevé à près de 6 millions de dollars entre juillet 2025 et juin 2026, selon le cabinet de conseil SBM Intelligence, basé à Lagos.
Les enlèvements sont devenus une source de revenus essentielle pour les groupes criminels dans le pays le plus peuplé d’Afrique, en particulier pour les jihadistes et les gangs armés qualifiés de « bandits ».
Ces gangs, motivés par les gains financiers plutôt qu’une idéologie, collaborent parfois avec les jihadistes qui se sont répandus depuis leurs bastions du nord-est.
Le sud-est du pays, considéré comme moins violent, est également confronté à la présence de groupes criminels organisés et de mouvements séparatistes.
Des policiers menant des opérations dans des camps de criminels, situés dans les forêts de l’État d’Abia, ont découvert « un total de vingt-huit crânes et (d’autres) ossements humains présumés appartenir à des victimes d’enlèvement », a indiqué dimanche le commandement de la police locale.
On ne sait pas quand les victimes ont été tuées. Aucune arrestation n’a été effectuée, les suspects ayant pris la fuite.
Les forces de police et de sécurité sont débordées au Nigeria, où d’immenses forêts servent de refuges aux criminels et aux groupes armés.
Une insurrection jihadiste s’est étendue du nord-est vers le nord-ouest et le centre du pays – des zones où sévissent déjà des gangs, appelés localement « bandits », qui attaquent des villages et imposent des « taxes » aux agriculteurs.
Le centre du Nigeria est également le théâtre d’affrontements meurtriers pour les terres entre éleveurs et agriculteurs, et certains redoutent que cette violence ne s’étende au sud-est du pays, où un conflit séparatiste de basse intensité mobilise déjà les forces de sécurité.
Au cours d’un conflit antérieur dans le delta du Niger, des employés locaux et étrangers ont été enlevés en réponse à la dégradation de l’environnement et à l’absence de développement économique, malgré les richesses de cette région en combustibles fossiles.
Source : Afp