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Comprendre les catastrophes pour mieux anticiper : le Sahel en conclave à Lomé pour renforcer sa résilience climatique

Une trentaine d’experts intervenant dans la Réduction des risques de catastrophes, venus de 7 pays du Sahel, prennent part depuis mardi 22 septembre 2026 à Lomé, à une rencontre destinée à renforcer les systèmes d’alerte précoce et soutenir le développement durable dans la région du Sahel.

Y prennent part, des experts du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Nigeria, du Sénégal et du Tchad.

L’atelier s’inscrit dans le cadre du projet de Résilience dans le Sahel, une initiative régionale majeure qui vise à renforcer durablement la capacité des pays de la région du sahel face aux risques climatiques et aux catastrophes à travers plusieurs axes essentiels : l’amélioration des données sur les risques, la transition vers l’alerte précoce basée sur les impacts et le renforcement des capacités, ainsi que la résilience urbaine et régionale. Il est mise en œuvre par le PNUD en étroite collaboration avec le Centre régional AGRHYMET (du CILSS) et bénéficie notamment d’un appui financier de la Suède.

Cet atelier qui s’étend jusqu’au 26 septembre 2026, permettra aux participants, d’analyser et valider les données relatives aux catastrophes. Ils auront à faire un examen approfondi des notes techniques nationales, ainsi que la synthèse régionale portant sur les faits et dommages liés aux catastrophes.

Les travaux ont été officiellement lancés par Datcha Bouassi (au nom du DG AGRHYMET), qui a souligné que cette rencontre marque une étape clé pour transformer les données historiques en informations exploitables, renforçant ainsi la résilience durable des populations face aux crises climatiques et environnementales dans la région.

Chiffrer les impacts pour mieux alerter les décideurs

« Au-delà de la prévision de l’aléa, une question essentielle demeure : quel impact cet événement pourrait-il avoir sur les populations, les infrastructures, l’agriculture, l’élevage et l’environnement ? C’est à cette question que répond l’approche d’alerte précoce basée sur les impacts », a expliqué M Bouassi.

« Notre ambition est donc de transformer les données en informations utiles à la décision et à l’action afin de renforcer l’anticipation et la résilience des populations dans le Sahel », a-t-il ajouté.

Pour Olivier Abayisenga (Spécialiste en action climatique, réduction des risques de catastrophes et résilience du Hub sous régional pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, PNUD), il faut une transition vers une action anticipatoire : passer progressivement de la donnée à l’information, de l’information à la connaissance, de la connaissance à l’action anticipatoire.

« Une alerte précoce ne doit pas seulement nous dire qu’un phénomène dangereux est susceptible de se produire, mais doit également nous permettre de comprendre quels impacts sont susceptibles de se produire, qui sera affecté ou quelles actions doivent être engagées avant que ces impacts ne se matérialisent », a-t-il souligné.

« Le message que nous souhaitons porter, c’est que nous devons renforcer notre capacité collective à anticiper et à nous préparer à agir suffisamment tôt sur la base des meilleures données et des informations disponibles », a-t-il ajouté.

Pour Djibo Soumana (Point focal du projet Résilience Sahel), l’enjeu est de chiffrer concrètement les conséquences économiques et humaines des catastrophes : pertes agricoles, destructions d’infrastructures, insécurité alimentaire, afin de mieux alerter les décideurs politiques.

Notons qu’au cours des quatre dernières années, les efforts conjoints menés dans le cadre du Projet de résilience dans le Sahel ont permis de collecter plus de 400 000 données sur plus de 35 types d’aléas et de catastrophes, couvrant une période historique de plus de 120 années dans les pays concernés. FIN

Ambroisine MEMEDE

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